EXPOSÉ DES MOTIFS
Paul Watson est un militant écologiste canadien. Il a fondé en 1977 la Sea Shepherd Conservation Society, organisation non gouvernementale à but non lucratif. Cette ONG a pour but la protection des écosystèmes marins et de la biodiversité. Ainsi, Sea Shepherd lutte notamment contre la surpêche et contre la chasse des baleines. Par ailleurs, L’ONG a défendu et défend un grand nombre de causes comme l’arrêt de la chasse aux phoques au Canada, ou encore l’arrêt de la chasse des globicéphales noirs aux îles Féroé.
Paul Watson a été arrêté par la police danoise le 21 juillet 2024 suite au mandat d’arrêt international émis par le Japon. Cette arrestation a eu lieu alors que Paul Watson s’apprêtait à se rendre dans le Pacifique Nord pour intercepter un baleinier usine japonais. Depuis ce jour, il est emprisonné dans une prison du Groenland (Danemark) à Nuuk et trois de ses demandes de remise en liberté ont été rejetées.
Paul Watson, bien que défenseur de l’environnement, ne défend pas toutes les valeurs des Jeunes Écologistes. Ses prises de positions sont parfois en contradiction avec, notamment au regard de la lutte contre l’extrême-droite ou contre les mécanismes de domination. Par cette motion, les Jeunes Écologistes se positionnent en cohérence avec leur engagement pour les droits fondamentaux. Si Paul Watson illustre la répression grandissante envers les militant·es, notamment écologistes, si ses droits doivent être plus que jamais défendus, rappelons que personne ne saurait incarner dans leur complexité les luttes de l’écologie politique, leurs valeurs, leurs méthodes. C’est parce que nous reconnaissons qu’aucune figure n’est exemplaire que chacun·e d’entre nous peut y trouver l’inspiration qu’il souhaite.
L’érosion de la biodiversité
Le XXIème siècle est le théâtre d’une érosion importante de la biodiversité dont les humains sont responsables. Un grand nombre d’éléments marins sont en danger d’extinction ou de sur consommation. Signe de cette érosion majeure, les récifs coralliens sont, par exemple, impactés par les augmentations de températures causant leurs blanchiments, alors même qu’ ils sont parmi les espaces marins les plus riches du globe, comprenant un grand nombre d’espèces de poissons et accueillant une diversité de coraux.
En 1986, la chasse commerciale de la baleine était interdite par un accord de la Commission Baleinière Internationale (CBI), 88 pays en sont signataires, dont la France. Le Japon, suite à un sursis de 30 ans, s’est retiré de la CBI en 2019 pour relancer cette activité à des fins commerciales.
Le Groenland fait partie de la CBI depuis 1950 et pratique la chasse des globicéphales noirs aux îles Féroé sous la bannière de la pratique traditionnelle (dont la CBI autorise la pratique). Le Danemark avait fait une demande d’augmentation des quotas qui lui avait été refusée, insistant sur une chasse commerciale déguisée en pratique traditionnelle.
Les images choquantes qui parcourent les réseaux sociaux sont des preuves de l’inhumanité de pratiques archaïques et rétrogrades infligées aux cétacées, prient en étau.
Paul Watson, nouveau témoin de la criminalisation croissante des militant.e.s écologistes
Paul Watson est emprisonné au Groenland (Danemark) depuis bientôt 4 mois.
Celui-ci a été arrêté sous mandat émis par le Japon. Ces deux nations cristallisent des tensions entre pratique de la chasse, protection de la biodiversité et enjeux politiques. Le Japon a demandé l’extradition du Paul Watson, cependant le système carcéral japonais est réputé comme inhumain comme l’ont rapporté les avocats du militant. De plus, le juge n’a pas souhaité consulter les images de la défense lors des audiences.
Les motifs retenus contre Paul Watson remontent à 2010 lors d’une mission en Antarctique contre des baleiniers japonais. Le Japon l’accuse d’avoir blessé un membre de l’équipage et quelques jours plus tard d’avoir abordé le navire Shonan Maru 2. Il est poursuivi pour conspiration d’abordage et pour blessures. Dans les deux cas, l’ONG Sea Shepherd France affirme qu’il était sur un autre navire ne pouvant faire ce dont il est accusé.
La demande d’extradition émise par le Japon n’est pas un hasard, le Japon pratique la chasse commerciale de la baleine comme la Norvège et l’Islande (deux pays membres de la CBI). La reprise de cette activité inquiète certains scientifiques et certaines associations qui craignent la présence de baleiniers dans les sanctuaires. Cette année, le gouvernement japonais a autorisé les baleiniers à une capture de 376 baleines, dont 59 rorquals communs.
L’estimation de population de ce cétacé est de 19 299 mammifères dans les eaux japonaises et dans la zone d’exclusion économique (ZEE). Cette espèce est classée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) comme vulnérable. Sa population est estimée à 100 000 individus matures dans le monde.
Aujourd’hui, son arrestation et toutes ces audiences remettent en cause le droit au militantisme et mettent en péril la biodiversité. Sauver les baleines n’est pas un crime. L’avenir de la protection de la biodiversité et des écosystèmes se joue sous nos yeux !
Soutenons et protégeons Paul Watson
Paul Watson a demandé l’asile politique en France puis la nationalité française le 25 octobre 2024 dans une lettre adressée au président de la République française, Emmanuel Macron.
DISPOSITIF
Les Jeunes Écologistes :
- Appellent à la manifestation pour soutenir Paul Watson et soutiennent les initiatives citoyennes ou des municipalités qui affichent leur soutien à Paul Watson par divers moyens : portrait sur la devanture des mairies, voeu de soutien lors des Conseils municipaux, remise de la citoyenneté d’honneur à Paul Watson, etc.
- Demandent au Président de la République d’accorder l’asile politique à Paul Watson
- Demandent la libération immédiate de Paul Watson et le refus de son extradition au Japon
Par ailleurs, les Jeunes Écologistes s’alarment de la criminalisation croissante des militant.e.s écologistes au Japon, au Danemark, en France et partout dans le monde. Les Jeunes Écologistes rappellent que face à la chasse aux baleines, face à l’érosion de la biodiversité et face au dérèglement climatique, seule l’inaction est criminelle.