La diversité de nos organisations ici présentes aujourd’hui montre toute la diversité des chemins vers la paix. Ces chemins sont multiples, comme la société, mais, tous sont indispensables comme le rappellent les 8 domaines d’action, d’action, de la culture de la paix. Ces 8 domaines ne sont pas seulement une philosophie, aussi importante qu’elle puisse être, mais ils sont un outil pour préciser et mettre en œuvre la vie en société.

Dans son préambule, l’Acte constitutif de l’UNESCO proclame que “les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix”.

Pour qu’une paix durable, sincère et acceptée par tous puisse être établie, ce préambule déclare que les États signataires de l’Acte constitutif sont “résolus à assurer à tous le plein et égal accès à l’éducation, la libre poursuite de la vérité objective et le libre échange des idées et des connaissances”.

Les raisons de notre rassemblement sont multiples, chacune de nos organisations se construit sur la mise en œuvre de valeurs. Parmi nous sont les représentants de peuples en lutte pour leur reconnaissance, pour faire émerger enfin la démocratie sur leur sol, pour sortir d’une crise imposée par les pays dominants. Nous l’affirmons, c’est à chaque peuple de décider de son mode de vie, de sa gouvernance et de son avenir. Leur présence ici montre que la solidarité est une des valeurs actives qui nous font tous avancer vers la paix, à titre individuel comme à titre collectif. Sans cette solidarité, nous reculons tous, ce sont tous les droits humains qui constituent le socle sur lequel se construit la paix.

Les Nations Unies sont l’outil que les peuples se sont donné pour se prémunir des conflits et lorsqu’ils éclatent, pour trouver les solutions de les régler. Les aides au développement et à l’éducation sont leurs principaux objectifs. C’est cette organisation de paix qu’il faut privilégier et financer au lieu de l’OTAN qui est l’outil armé aux ordres des États Unis.

Un évènement très important est arrivé le 7 juillet dernier avec la signature aux Nations Unies d’un Traité d’élimination des armes nucléaires par 122 pays sur 194. Ce traité est le résultat de la coopération entre des ONG, dont le Mouvement de la Paix, avec d’autres pays. Malheureusement, la France a été absente à la fois des discussions ayant abouti à cette signature mais aussi du vote : nous devons exiger que notre pays ratifie ce traité dans les meilleurs délais. Comme le veulent 72 % de nos concitoyens, il faut en finir avec les armes nucléaires. Nous sommes là dans notre rôle en exigeant que soit respecté le 8ème domaine d’action de la Culture de la Paix.

La conception de la sécurité développée par les pays dominants de l’OTAN est une caricature de ce qu’elle devrait être : elle est plus porteuse de dangers pour la paix que d’avancées. Le projet de loi en discussion actuellement pour pérenniser les conditions principales de l’état d’urgence montre bien le type de société que l’actuel gouvernement veut mettre en place.

Et pourtant, le rapport parlementaire de l’Assemblée Nationale d’octobre 2016 et celui d’Amnesty International du 31 mai 2017 reconnaissent que les mesures d’exception de l’état d’urgence instauré il y a 18 mois sont inefficaces pour lutter contre le terrorisme, sont stigmatisantes et liberticides.

Cette loi donnerait des pouvoirs exorbitants au gouvernement, aux préfets, aux forces de répression (policiers et gendarmes), en maintenant à l’écart les juges judiciaires.

Cela va de pair avec les ordonnances pour une réforme du Droit du Travail qui nous ramène plusieurs décennies en arrière. Organiser le dialogue social par ordonnances, quel non-sens ! Affaiblir encore les institutions du personnel et les services médicaux du travail va encore augmenter la fréquence et la gravité des accidents du travail. Le droit du travail ne pourra plus remplir son rôle essentiel de protéger les plus faibles dans le rapport par essence inégalitaire du salariat.

La crise des migrants, notamment de part et d’autre de la Méditerranée, a comme origine la guerre, la misère ou les changements climatiques. Cela renforce l’urgence que les mesures de développement durable, les 17 Objectifs de Développement Durable, les ODD soient mis en œuvre avant l’échéance de 2030. Et que les accords de Paris de 2015-2016 sur le réchauffement climatique soient respectés par tous. Les Nations Unies soulignent que la paix durable va de pair avec un développement durable.

En Europe particulièrement, l’accueil des migrants, pour de simples raisons de solidarité humaine, doit être organisé et accompagné par une politique volontariste de développement des pays pauvres en fonction des besoins qu’ils peuvent exprimer. Les réticences dont font preuve la grande majorité des pays d’Europe à l’égard de l’accueil des migrants sont indignes d’une véritable démocratie.

Israël bafoue constamment les résolutions du Conseil de Sécurité condamnant sa politique. Il dispose de l’arme nucléaire et il est devenu l’un des plus grands marchands d’armes et de matériel de répression qu’il se vante d’avoir testé contre le peuple palestinien, notamment à Gaza. En plus de constituer un facteur de guerre au Proche Orient et sur la scène internationale, il se veut un modèle pour des politiques sécuritaires et répressives contre les mouvements sociaux ou de solidarité internationale. Il sera présent sur le salon international Milipol, salon de la sécurité intérieure des États, du 21 au 24 novembre prochain à Villepinte.

La vie en société est faite d’échanges entre les personnes et les groupes de personnes, tous les obstacles à la liberté de la presse, à la liberté d’expression, sont des freins à la progression des situations pacifiques. On peut observer hélas dans le contexte national et international actuel que les régimes autoritaires s’en prennent d’abord à la presse et à ses possibilités d’expression. Rappelons que le Conseil National de la Résistance avait fait de la diversité de la presse une des bases du rétablissement de la paix après la 2ème guerre mondiale. Nous en sommes très loin en France où 9 milliardaires possèdent 90% de la presse nationale..

Une des conditions de la paix est aussi l’égalité entre tous les personnes, égalité venant de l’acceptation des différences entre tous. Les premières victimes en sont souvent les femmes, dans la vie civique, dans le travail ou la vie familiale. Le plafond de verre des salaires doit s’effacer rapidement et la place des femmes dans la vie civique et dans la représentation démocratique au sein des instances nationales doit être renforcée. Les femmes sont également les principales victimes des guerres.

Nous rappelions en début de cette intervention le préambule de l’acte constitutif de l’UNESCO. L’enseignement et l’éducation pour tous est l’outil essentiel pour que les sociétés vivent en bonne intelligence entre elles. Toute régression dans l’alphabétisation des enfants, dans la formation de tous, dans l’apprentissage des métiers à tous les niveaux de compétence, dans l’éducation aux lois universelles, sont des obstacles à la paix et des sources potentielles de conflits. Que chacun parvienne à une vie professionnelle stable avec un salaire décent permettant de faire des projets d’avenir est aussi un élément fondamental de la démarche vers la paix sociale.

Plus de 35 organisations du collectif « En marche pour la Paix, Stop la guerre, stop les violences » ont élaboré un « Livre Blanc pour la Paix » en réponse au « Livre Blanc de la Défense » du gouvernement. Nous y proposons notamment que les moyens déployés pour la guerre soient redirigés vers des objectifs de paix. Pour gérer ce mouvement, il est demandé la création d’un Ministère de la Paix et la création de centres de recherches universitaires.

Nous pourrons en faire un bilan lors des prochaines « Marches pour la Paix » le samedi 22 septembre 2018.

Discours prononcé par Clara Grimaud, trésorière des Jeunes Écologistes , place de la République, à Paris, le 23 septembre 2017

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