Voilà plusieurs semaines qu’il devient de plus en plus clair que l’extrême droite n’a plus aucune limite et que la macronie caracole derrière elle dans une surenchère de propos qui sapent les fondements même du vivre ensemble et contribuent au climat de méfiance. Les Jeunes Écologistes s’insurgent contre ce glissement.

Les Jeunes Écologistes s’inquiètent fortement de la mise en débat au Parlement du « problème » migratoire dans un cadre clairement sécuritaire et identitaire, alimenté par les pseudo-théories de « l’appel d’air », du « tourisme médical » et la paranoïa du communautarisme. Le positionnement du pouvoir en place fait terriblement écho aux propos d’Éric Zemmour nourris d’une islamophobie agressive ou à ceux de Nicolas Bay sur sa définition d’être Français. De nombreux propos tenus ces derniers jours montrent clairement et indiscutablement le chemin raciste pris le Gouvernement.

La récente attaque terroriste a donné lieu à un appel par le Président à une « société de vigilance » : il faudra désormais être « vigilant·e·s » à tout homme qui se laisserait pousser la barbe, pratiquerait de manière exacerbée sa religion pendant le Ramadan, rechignerait à saluer une collègue de la manière dont nous estimerions convenable…et il faudra les « signaler ».  Nous comprenons rapidement que la « société de vigilance » voulue par Macron s’étendra aux salles de classe également, y compris celles des plus jeunes, puisque selon M. Blanquer il faudrait aussi signaler un petit garçon qui refuserait de tenir la main d’une petite fille. Dans ces mêmes salles de classe on donne des cours de civisme et de tolérance, bien éloignés des propos de ce Gouvernement.

Puis est venue l’agression ignoble de Julien Odoul au Conseil régional de Bourgogne Franche Comté qui, ignorant les lois mêmes, s’est cru autorisé à exiger d’une mère accompagnant des élèves et portant un voile de sortir. Nous ne savons pas s’il faut davantage s’inquiéter de cette brutalité facile et à visée clairement polémique ou de la mollesse ambiguë des réactions et des tièdes « condamnations » des agissements de cet élu RN de la part de la majorité. Nous avons ainsi vu un ministre de l’Éducation nationale déplorer l’événement mais souligner que « le voile n’est pas souhaitable dans notre société ».

Si toutes ces paroles choquent, elles ne sont néanmoins que la partie visible d’un processus d’oppression et de persécution de la communauté musulmane. Cette oppression est sourde, quotidienne, faite de petites phrases et de regards, et que vos grands discours à vous, responsables politiques, nourrissent, légitiment et exacerbent. Il ne sera plus possible de feindre que vous souhaitez le vivre ensemble ; vos positions nourrissent l’islamophobie et la xénophobie.

Le plus déplorable est que la macronie, agglomération de sensibilités diverses ayant en commun de trouver le pouvoir agréable et confortable, adopte ces positions moins par conviction que par ambition et stratégie électorale. Ces propos n’en nourrissent pas moins une tendance dangereuse, ils sont les ferments de la division et nous mettent tous et toutes, collectivement, en péril. Le gouvernement pourra être tenu pour responsable du glissement sur ce terrain nauséabond et bafouant nos valeurs les plus fondamentales. Il pourra être tenu pour responsable de la victoire politique des idées d’extrême droite. L’extrême droite n’est pas une concurrente qu’il faut rattraper, elle est une adversaire qu’il faut combattre frontalement, en ne cédant sur rien. 

Nous, Jeunes Écologistes, ne seront donc pas « vigilant·e·s ». Nous désertons votre citoyennisme soupçonneux qui n’est que le masque lâche de l’intolérance, nous rejetons votre universalisme homogénéisant qui opprime et exclue les minorités, qui crée et maintient les dominations. Nous continuerons de militer pour une liberté pleine, entière, ouverte, pour une universalité concrète car reconnaissant et accueillant les diversités constitutives de notre commune humanité. Nous ne sommes ni naïfs ni irresponsables, mais bien plutôt lucides sur la mécanique infernale du soupçon qui nourrit le soupçon, de la brutalité qui nourrit la violence, et nous avons retenu de nos leçons d’histoire que cela pouvait mener aux barbaries les plus sombres.

L’intolérance gagne, l’indifférence guette ; nous ferons front.

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