EXPOSÉ DES MOTIFS

Définir les jeunesses, c’est reconnaître leurs diversités, leurs réalités spécifiques et leurs besoins différenciés selon les territoires. Par le mot “jeunes” nous comprenons les personnes qui ont quitté l’adolescence sans être entrées dans l’âge adulte. Cet âge est marqué par différentes étapes de la vie qui jalonnent un parcours progressif vers l’autonomie. Il n’existe pas de définition officielle de l’âge de la jeunesse. La plupart des travaux scientifiques utilisent la fourchette 15-24 ans. Il s’agit de la définition des Nations Unies, et aussi l’intervalle le plus souvent utilisé par l’Insee. Cette catégorie est étendue dans certaines études à 29 ans. Le concept de jeunesse (comme celui de personnes âgées) regroupe des individus très différents. Les jeunes des territoires ruraux restent souvent dépendant·es des moyens financiers de leurs parents, et ce, y compris à un âge avancé en comparaison avec leurs homologues urbain·es. De plus, leur accès à l’éducation, à l’emploi, à la santé, à la culture ou à une vie sociale dépend directement de leur capacité à se déplacer. Or, dans les territoires ruraux, cette mobilité est aujourd’hui un privilège, et non un droit.1Définir les jeunesses, c’est reconnaître leurs diversités, leurs réalités spécifiques et leurs besoins différenciés selon les territoires. Par le mot “jeunes” nous comprenons les personnes qui ont quitté l’adolescence sans être entrées dans l’âge adulte. Cet âge est marqué par différentes étapes de la vie qui jalonnent un parcours progressif vers l’autonomie. Il n’existe pas de définition officielle de l’âge de la jeunesse. La plupart des travaux scientifiques utilisent la fourchette 15-24 ans. Il s’agit de la définition des Nations Unies, et aussi l’intervalle le plus souvent utilisé par l’Insee. Cette catégorie est étendue dans certaines études à 29 ans. Le concept de jeunesse (comme celui de personnes âgées) regroupe des individus très différents. Les jeunes des territoires ruraux restent souvent dépendant·es des moyens financiers de leurs parents, et ce, y compris à un âge avancé en comparaison avec leurs homologues urbain·es. De plus, leur accès à l’éducation, à l’emploi, à la santé, à la culture ou à une vie sociale dépend directement de leur capacité à se déplacer. Or, dans les territoires ruraux, cette mobilité est aujourd’hui un privilège, et non un droit.

Cette motion thématique est issue des travaux du groupe de travail sur les Jeunesses Rurales, menés en lien étroit avec des élu·es régionaux·ales engagé·es sur le terrain. Elle répond à un constat partagé : l’immobilité subie est une source profonde d’inégalités, de mal-être psychologique important et de restrictions.

Dans les campagnes, le manque voire l’absence de transports en commun adaptés oblige de nombreux·ses jeunes à renoncer à leurs projets, à refuser des opportunités ou à emprunter des chemins risqués. À défaut de solutions accessibles, iels se retrouvent contraint·es d’utiliser des scooters, des voitures anciennes et polluantes sur des routes au revêtement usagé ou encore sont obligé·es de faire de l’autostop. L’automobile, bien qu’indispensable dans nombre de territoires, représente un coût lourd à assumer pour les jeunes et leurs familles : permis, achat du véhicule, assurance, entretien, carburant… autant de dépenses qui pèsent sur les budgets et freinent l’émancipation des jeunes. De plus, l’usage exclusif de la voiture creuse davantage les écarts entre jeunes ruraux·ales et urbain·es accentue la dépendance financière des jeunes à leurs responsables légaux·ales et constitue un frein à l’autonomie, au moment même où celle-ci devrait pouvoir s’expérimenter pleinement.

Ce déficit d’accessibilité a des conséquences multiples : il entrave l’accès aux études, complique l’entrée dans la vie active, isole socialement, et décourage l’engagement sous toutes ses formes. Il nuit aussi à la santé publique, en rendant l’accès aux soins plus difficile, et à la sécurité, en poussant à des pratiques de déplacement dangereuses. Il affaiblit enfin la cohésion sociale, en reléguant une partie de la jeunesse dans une forme d’invisibilité géographique. La mobilité n’est donc pas un simple enjeu technique : c’est une question de justice sociale, territoriale et écologique.

Pourtant, des solutions existent. Partout en France, des initiatives locales inspirantes prouvent qu’un autre modèle est possible : aides au permis pour les jeunes engagé·es dans des actions citoyennes, cartes de réduction sur les trains régionaux, infrastructures de covoiturage, développement de l’autopartage, transports scolaires ouverts à un public élargi… Le train, en particulier, reste un levier structurant, écologique et solidaire. Mais il est trop souvent affaibli par des choix d’investissement qui favorisent les grandes métropoles et les lignes à grande vitesse au détriment des territoires de proximité. De surcroît, les dispositifs existants sont souvent méconnus, faute d’une information claire, centralisée et accessible.

Face à cette réalité, il est urgent de construire une véritable politique publique de la mobilité des jeunes en milieu rural. Une politique ambitieuse, structurée et co-construite avec les jeunes elleux-mêmes, les collectivités, les associations et les acteurs du transport. Une politique qui ne répare pas seulement les injustices mais qui anticipe, innove et garantit à chaque jeune, où qu’iel vive, le droit de se déplacer librement, écologiquement et en toute sécurité.

Cela suppose de développer une offre de transports diversifiée et adaptée aux réalités locales : train, car, bus express, vélo électrique, autopartage, covoiturage solidaire… Cela implique un engagement financier clair de la part de l’État et des régions, une reconnaissance de la mobilité comme droit fondamental, et la mise en place d’un portail national recensant toutes les aides et solutions disponibles. Il est aussi essentiel que les jeunes des territoires ruraux soient systématiquement associé·es aux concertations portant sur la mobilité et l’aménagement de leur territoire.

Les jeunes ne doivent pas être prisonnier·es de leur code postal. Leur avenir, leur insertion et leur liberté en dépendent. Il est temps de redonner aux jeunesses rurales le droit de se déplacer – pour étudier, travailler, s’engager, s’épanouir – sans dépendre exclusivement d’une voiture individuelle coûteuse, polluante et contraignante.

C’est pourquoi nous appelons à une mobilisation nationale collective pour bâtir ensemble une mobilité accessible, solidaire et durable pour les jeunes ruraux·ales fondée sur les réalités de terrain, les bonnes pratiques locales et une vision à long terme de la justice sociale et écologique.

DISPOSITIF

C’est pourquoi, les Jeunes Écologistes s’engagent à défendre :

1. Une revalorisation du transport ferroviaire dans les territoires ruraux

  • Via un plan de réouverture des gares et lignes ferroviaires fermées depuis le 20ème siècle et le réinvestissement dans les dessertes fines, avec priorité à leur entretien, leur fréquence et leur accessibilité.
  • Via l’instauration d’une tarification solidaire régionale, avec gratuité ou tarif symbolique pour les jeunes (15-25 ans), à l’image de ce qui existe en Auvergne-Rhône Alpes, en Hauts-de-France ou en Centre-Val-de-Loire.

 2. Une généralisation d’une carte unique et solidaire de mobilité jeune

  • Via la mise en place dans chaque région d’une carte de mobilité intermodale à tarif réduit (voire gratuite selon critères sociaux) pour tous les modes de transport publics : TER, bus interurbains, cars scolaires ouverts à tous, autopartage et vélo en location.
  • Et l’intégration systématique des publics en insertion, en formation, ou engagé·es dans des associations.

 3. Le développement d’un écosystème local de mobilité solidaire

  • Via la réaffectation des investissements sur l’automobile aux associations locales engagées autour de la mobilité (association de réemploi automobile, réparation de vélo, association autour des transports…) pour proposer des voitures/vélos/moyens de transport à prix réduit (ex : voiture à 1€) aux jeunes ruraux·ales.
  • Via le développement des aires de covoiturage et des voies réservées au covoiturage (ex : Lyon), ainsi que d’un autopartage rural adapté aux zones peu denses.
  • Via l’aide à l’achat de vélos à assistance électrique, y compris les speedbikes, pour les jeunes en milieu rural, avec financement régional ou intercommunal.
  • Via la création et la rénovation de voies cyclables en zone rurales, permettant de relier les différents villages entre eux grâce à une mobilité plus sûre et durable. 

 4. L’amélioration des transports en commun et lutte contre les “bus fantômes”

  • Via le renforcement des fréquences des bus et cars dans les territoires, notamment en heures creuses, pour éviter des services symboliques mais inutiles.
  • Via le déploiement de bus express en sites propres entre bourgs et villes, avec systèmes de rabattement locaux.
  • Via le financement des cars à impact environnemental réduit (électriques ou au biogaz) et le développement des transports scolaires accessibles à toustes hors cadre scolaire.

 5. La création d’un guichet unique régional, puis national, d’information mobilité

  • Via la mise en place d’une plateforme régionale, et à terme nationale, claire et accessible pour informer les jeunes ruraux·ales sur l’ensemble de leurs droits et des dispositifs et aides existantes.
  • Via le déploiement de points info mobilité jeunes dans les mairies, établissements scolaires, maisons de service au public.

 6. La mise en place d’un fonds national “mobilité rurale des jeunes”

  • Via la création d’un fonds national de soutien aux expérimentations locales de mobilité solidaire (autopartage rural, navettes locales, etc.). Ce fonds pourrait être financé via une réaffectation d’une partie des investissements routiers au bénéfice des mobilités douces et partagées.

 7. L’harmonisation par le haut des dispositifs régionaux

  • Via la mise en place d’une harmonisation par le haut des âges d’accessibilité aux dispositifs dans toutes les régions.
  • Via la mise en place d’une harmonisation par le haut des tarifs d’accès aux dispositifs dans toutes les régions. 
  1. https://www.observationsociete.fr/definitions/jeunes/ ↩︎