101. Depuis le 1er janvier 2019, ce sont 101 femmes qui ont été victimes de féminicide par leur conjoint ou ex-conjoint d’après le décompte du mouvement Nous Toutes. Ce chiffre macabre n’est que l’aboutissement d’une longue série de violences systémiques auxquelles doivent faire face les femmes dans notre société. Celles-ci commencent avec l’humour, le langage, les publicités sexistes, continuent avec le chantage émotionnel, l’humiliation, la dévalorisation, s’aggravent avec l’agression physique, le viol et finissent par le meurtre.

Aujourd’hui commence le Grenelle contre les violences conjugales lancé par le gouvernement et placé sous la gouverne de Marlène Schiappa. Les Jeunes Écologistes dénoncent cette opération de communication, dont une première faille est de réduire le champ aux seules violences conjugales alors que la problématique est bien plus large et relève de dynamiques politiques, sociétales et culturelles systémiques. Par ailleurs,  les dispositifs à mettre en oeuvre sont déjà en partie connus : mettre en place des actions et des formations à l’école ; augmenter le nombre de places en hébergement ; prendre en charge les hommes violents ; former toutes les personnes en contact avec les victimes…ce qui passe bien sûr par des moyens supplémentaires, qui sont encore loin d’être au rendez-vous. La somme consacrée actuellement à la prévention des violences faites aux femmes est actuellement de 79 millions d’euros, soit 0.02% du budget. Nous exigeons des actes au-delà des mots, des cérémonies et des “grandes causes”.

Loin de pouvoir se réduire au seul traitement des drames en bout de chaîne, la lutte contre le patriarcat et ses conséquences dramatiques sur la vie des femmes doit passer par une politique systémique et ambitieuse qui interroge également les structures économiques et les fondements culturels de notre société qui restent largement patriarcaux malgré des avancées de forme. “Le renforcement des dispositifs d’hébergement ou la promotion du numéro d’urgence 3919 sont des mesures bien sur absolument nécessaires, mais qui ne font que réagir aux conséquences d’une société qui crée des risques quotidiens et continus pour la vie des femmes.” indique Maxime Carpentier, co-secrétaire fédéral des Jeunes Ecologistes.  “Ils ne doivent pas être présentés comme des “solutions” en elles mêmes suffisantes et nous devons veiller à ce que les féminicides soient présentés, compris et traités dans leur liaison avec les problématiques sociétales qui conditionnent le maintien du patriarcat, au-delà des affichages et des discours. “, renchérit Claire Lejeune, également co-secrétaire. 

Nous ajoutons qu’une société dans laquelle cesseront les féminicides ne pourra naître de seules mesures protectrices ni même d’une égalisation formelle des situations entre hommes et femmes: elle n’émergera que si nous intégrons les conceptions spécifiques des notions de réussite, de bonheur, de liberté que portent les femmes dans leur diversité, loin des carcans de la société patriarcale industrielle, extractiviste et consumériste qui d’un même mouvement exploite les ressources naturelles et les corps des femmes… La lutte écologiste et féministe se rejoignent dans le geste d’émancipation des dominations et des exploitations. Une société féministe est une société écologiste, une société écologiste est une société féministe. 

Pour que #PlusUne ne soit tuée, nous devons prendre la mesure de la profondeur des transformations à opérer et s’y atteler sans attendre, avec l’ambition suffisante et en alignant tous les moyens humains et budgétaires nécessaires.  #UnMilliardPasUnMillion


Contacts Presse : 
Claire Lejeune – co-secrétaire fédérale : claire[at]jeunes-ecologistes.org – 06 28 23 26 85
Maxime Carpentier – co-secrétaire fédéral : maxime[atjeunes-ecologistes.org – 06 06 76 23 87

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