“La tragédie ultime n’est pas l’oppression et la cruauté des mauvaises personnes, mais le silence des bonnes personnes à ce sujet.”
Martin Luther King Jr.

Nous, Jeunes Verts du monde entier, sommes horrifiés la journée d’infamie qui s’est déroulée aux États-Unis la semaine dernière. Nous avons vu comment le Capitole a été envahi, ses bureaux et ses chambres saccagés, et la sécurité des personnes travaillant à l’intérieur mise en péril, tout cela parce qu’un seul homme ne peut pas accepter sa défaite dans un processus démocratique. Cependant, nous ne sommes pas surpris qu’une telle attaque contre la démocratie se produise dans un moment d’apogée de la méfiance, de la tromperie et de la haine. Le déni flagrant de la vérité d’un individu et de son équipe a provoqué l’une des seules transitions meurtrières du pouvoir au sein d’un pays démocratique.

Nous sommes également en colère face au comportement des forces de l’ordre dans ce déchaînement. Alors qu’une foule blanche armée a saccagé le capitole, phare de la démocratie, et a menacé des vies sans en être inquiétée, nos ami·e·s et allié·e·s non armé·e·s du mouvement Black Lives Matter qui marchaient pour la justice sociale et raciale l’été dernier ont été accueilli·e·s par une force de police excessive. Ces évènements se sont produits dans un contexte d’attaques persistantes contre les minorités, qu’il s’agisse des peuples autochtones, des migrant·e·s, des personnes de couleur, des membres de la communauté LGBTQ+ et d’autres, dans le monde entier.

Nous ne pouvons pas dire en toute bonne foi que nous n’avons jamais vu cela venir. C’est l’aboutissement d’années de légitimation de l’extrême droite et de ses idéaux antidémocratiques. Les dégâts et les pertes de vies humaines du 6 janvier, ainsi que ceux causés par les crises du système de santé et par le racisme dans le pays, sont tous le fait de Donald Trump, de ses soutiens au sein du parti républicain, et d’autres meneurs de l’establishment politique.

Que cela nous serve de leçon supplémentaire sur les dangers de la légitimation de l’extrême droite dans le monde. Il existe suffisamment d’exemples dans notre propre histoire, allant d’une guerre mondiale et d’innombrables autres conflits armés à un détournement subtil mais hostile du discours politique civil à travers le monde. Aujourd’hui, nous sommes toujours confronté·e·s à des menaces importantes à l’encontre de la même démocratie et de la même justice qui nous sont chères. Nous sommes témoins : des dirigeants d’extrême droite accèdent au pouvoir sous prétexte de défendre des valeurs conservatrices. Pourtant, leur croyance en la suprématie d’un groupe racial, leur mépris explicite de la démocratie et leur croyance aveugle dans le pouvoir de la foule plutôt que dans celui de la loi sont très claires dans leur discours.

Ainsi, nous devons rester fermes dans notre condamnation de l’extrême droite et ne pas les identifier par un autre nom que celui qui leur revient : ce sont des fascistes qui ne reculent devant rien pour démanteler l’État de droit et les valeurs humaines que nous défendons depuis longtemps. Nous devons rester vigilant·e·s et nous opposer sans cesse à ce que ces groupes et leurs partisans disposent de quelque plate-forme que ce soit pour diffuser leur propagande destructrice.

En parallèle, nous devrions maintenir notre engagement à travailler avec des personnes qui croient en la démocratie et à résoudre de manière coopérative les défis sociaux, environnementaux et économiques auxquels nous sommes actuellement confrontés. Nous avons le devoir de laisser cette planète dans un état plus juste et plus vivable pour les générations futures. Cela n’est possible que dans une société fondée sur des valeurs communes de démocratie et d’égalité des droits humains et sociaux pour tou·te·s.

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