Le 21 juin, après 9 mois de travail, 7 week-ends au CESE et plus d’une centaine d’heures de webinaires, les 150 citoyen.ne.s de la Convention Citoyenne pour le Climat ont finalisé et voté leurs 149 propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 %, par rapport à 1990, d’ici 2030, dans un souci de justice sociale.

Leurs propositions se déploient sur un arc complet cadré par cinq thématiques : Se déplacer – Consommer – Se loger – Produire/Travailler – Se nourrir. Le tout constitue un socle compact qui permettra d’entamer une transition nécessaire afin de pallier les crises sociale, démocratique et bio-environnementale qui minent nos sociétés.

La Convention Citoyenne pour le Climat a démontré l’importance d’instaurer dans nos institutions des instances de réflexion où les citoyen.ne.s sont pleinement et directement parties prenantes : les mois durant lesquels les citoyen.ne.s de la Convention ont travaillé ont été marqués par des crises de grande ampleur et de multiples événements, néanmoins elles et ils ont pu poursuivre leur travail et ainsi apporter une réflexion intégrant le long terme et l’importance d’un changement systémique.

Les Jeunes Écologistes remarquent aussi une convergence entre les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat et leurs 35 Propositions pour une sortie de route ainsi qu’avec d’autres corpus de propositions élaborés par des acteurs de la société civile et politique, à l’instar de la conception d’une nouvelle solidarité nationale alimentaire pour permettre aux ménages modestes d’avoir accès à une alimentation durable. Ceci est le signe clair qu’un accord large sur la nature des mesures et l’urgence de les mettre en œuvre émerge et transcende les seuls cercles militants : au cours du processus, la conscience de cette urgence est née dans la conscience des 150 citoyens sans exception.

Nous soutenons en particulier la proposition d’une réforme constitutionnelle permettant d’intégrer au plus haut de la hiérarchie des normes juridiques le respect des limites planétaires. Cette inscription doit néanmoins se traduire en lois contraignantes dont le non-respect sera effectivement sanctionné par les tribunaux.

Nous saluons également l’inclusion dans les propositions de mesures contraignantes (interdire dès 2025 la commercialisation de véhicules neufs très émetteurs ou la fin des vols intérieurs là où il existe une alternative moins coûteuse en carbone, par exemple) : elles marquent l’importance d’aller vers une démarche volontariste, avec une reprise en main par la puissance publique de notre destin commun, et de cesser de compter sur des mesures seulement incitatives qui n’ont jamais démontré leur utilité.

Seulement, les Jeunes Écologistes regrettent la moindre place de la question énergétique et plus particulièrement du nucléaire dans les propositions de la Convention. Nous regrettons également que la question de la taxe carbone ait été évacuée, alors qu’elle était le point de départ du mouvement des Gilets Jaunes qui a motivé la création de la Convention Citoyenne pour le Climat. La forme qu’a pu prendre la taxe carbone jusque-là a assurément été incompatible avec la justice sociale et a creusé les inégalités tout en plaçant les citoyen.ne.s dans l’impasse, mais nous considérons qu’il ne s’agit pas là d’une raison valable pour exclure la question de la fiscalité écologique qui sera un déterminant capital pour la reconstruction sociale et écologique de nos sociétés, puisqu’elle est également un levier primordial de la lutte contre les inégalités.

Nous nous sommes réjoui.e.s de voir que la question de la réduction du temps de travail ait été incluse dans les propositions (avec la proposition de la semaine de travail de 28h) et avons été déçu.e.s que la mesure n’ait finalement pas été retenue : la réduction du temps de travail, accompagnée par l’introduction d’un revenu de base, est une des clés pour sortir d’une société productiviste et consumériste, responsable du péril climatique, et aller enfin vers une société du bien vivre respectueuse des équilibres écosystémiques. 

Néanmoins, les Jeunes Écologistes soutiennent les 149 propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat et appellent les pouvoirs publics et les territoires à s’en saisir. Les Français.es jugeront sévèrement le gouvernement s’il rompt avec l’engagement pris en personne par le Président de soumettre ces propositions « sans filtre » au Parlement et d’engager un processus référendaire.

Les réponses politiques à ces propositions doivent être à la hauteur du travail fournis par les 150 citoyen.ne.s et des enjeux de notre temps.  

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