Invités:

– Sandrine Rousseau: Vice présidente EELV au conseil régional NPDC en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche

– Philippe Deltombe: Président de l’association Droit au Logement (DAL) NPDC et porte parole national du DAL

– Camille Lihouck : Elue étudiante UNEF au CROUS NPDC

Problématiques abordées au cours de cette conférence:

De l’avis général, il y a bien un gros problème de logement en France et la métropole Lilloise ne déroge pas à la règle. A Lille, les analyses des différents syndicats et mouvements politiques sont confirmées à la lecture du rapport de l’agence de développement et d’urbanisme de LMCU.

Dans ce contexte, les étudiants sont une demande un peu à part. Ils ont assez peu de moyens, restent peu de temps, sont assez mobiles (avec l’augmentation des stages dans les études, ils sont nombreux à quitter leur logement en milieu d’année), et plus enclins aux modes de vie collectifs (résidences, colocations, etc.).

Néanmoins ce sont des tendances qui s’estompent après quelques années, les attentes des étudiants ressemblant de plus en plus à celles des jeunes citadins.

Les logements qui s’offrent à eux sont les résidences CROUS et autres logements conventionnés, le parc locatif privé (pour lequel ils représentent la moitié de la demande à Lille, 1/4 dans la métropole), les résidences privées, puis quelques autres solutions alternatives (campus vert = logement à la ferme, foyer de jeunes travailleurs, logement transgénérationnel, etc.)

Il y a, comme on l’a dit, un manque certain de logement, et en particulier au CROUS! Dans le NPDC, 6,1% des étudiants sont logés en cité U (9216 chambres pour 38 résidences). C’est moins que la moyenne nationale qui est de 7,5% (165500 chambres). De plus, les étudiants sont souvent logés dans des conditions exécrables (moisi, mauvaise isolation, installation défectueuse…).

En 2004, le plan Anciaux prévoyait 70000 réhabilitations et 50000 constructions. Nous en étions à 16600 réhabilitation en 2010 et 12700 constructions en 2010, c’est à dire très loin des objectifs initiaux.

Depuis 2005, il y a eu 1800 réhabilitation. 470 sont prévues pour l’année 2011-2012.

Au regard de ces chiffres, on peut considérer qu’il y a eu un peu plus d’effort dans le NPDC mais ceux ci demeurent insuffisants surtout au regard de la situation de départ et du nombre considérable de boursiers (156000 étudiants dont 48000 boursiers (taux le plus important de France))

Le problème du CROUS est il seulement le foncier ? Si on leur donne des terrains, peut-il construire ?

Quelles sont les solutions à privilégiés ? Quelles peuvent être les mesures d’urgences ? Quelle est le rôle des collectivités locales ? Quelles solutions en 2012 ?

Si on considère que l’État, via le CROUS ne pourra pas tout faire, quelle marge de manœuvre peut on avoir avec le privé ?

Le privé est-il forcément réticent à loger les étudiants ?

Le parc privé loge effectivement beaucoup d’étudiants. Mais cela pose deux problèmes:

– Des habitations où des familles pouvaient à l’origine se loger ne peuvent plus car on a scindé les logements en plusieurs logements étudiants. Donc effet domino et tension sur le marché de l’immobilier

– Le privé ne prend pas n’importe qui ! Les étudiants étrangers notamment ont de grandes difficultés à se loger !

Chaque début d’année universitaire, ce sont beaucoup d’étudiants dormant à la rue ou à l’hôtel ou dans les auberges de jeunesse.

De plus, plutôt que d’investir dans le logement étudiant “social” en passant par le CROUS, on passe de plus en plus par des bailleurs privés. Ex: la ville de Lille donne un bâtiment, l’ancien hôpital psychiatrique rue montebello à des bailleurs privés pour en faire des logements. Les loyers ne sont pas les mêmes qu’au CROUS et pas réservés aux mêmes personnes.

Ensuite, quand on écoute le CROUS, ils ont des moyens pour faire sortir des bâtiments de terre très rapidement. Le seul problème: le foncier. Si on leur donne des terrains, ils peuvent construire. C’est pour ça que certains poussent les collectivités à travailler en partenariat avec le CROUS.

Les difficultés sont donc d’une part de développer l’offre qui reste en deçà, ce qui entraîne une hausse des loyers pour les petites surfaces, d’autre part de diversifier et d’adapter l’offre aux besoins spécifiques des étudiants (courts séjours, notamment pour les étudiants étrangers qui peinent particulièrement).

Enfin il y a un souci de localisation dans la métropole, avec des villes comme Tourcoing qui comptent bon nombre d’étudiants mais qui manquent de logement.

Quel marge de manœuvre a-t-on avec le foncier ? Peut-on envisagé un blocage du prix des loyers ?

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