Le G20, émanation du G8 (8 pays les plus riches) visant à l’ouvrir à des puissances régionales pour en assurer la pérennité, se réunit à Cannes le 3 et 4 novembre 2011. Les gouvernements de ces 20 pays, incapable de changer en profondeur un système désormais en crise, multiplieront une fois de plus les annonces à court-terme. Les belles promesses de ceux qui, depuis les années 70, participent avec ardeur à la dérégulation des marchés économiques, ne trompent plus grand monde. Comment croire que ceux qui ont apporté les problèmes apporteront de même les solutions ? Depuis quelques temps déjà, les États s’étaient couchés devant la puissance des enjeux financiers et le pouvoir des acteurs économiques globalisés. En 2007, les peuples ont subi cette réalité de plein fouet, payant directement les conséquences de politiques libérales irresponsables.

Où sont passées les promesses de moralisation du capitalisme ? Les banques à peine sauvées par les États se sont empressées de les attaquer, pour s’enrichir de nouveau en spéculant sur les dettes souveraines. Lors du sauvetage de ces banques, sans contrepartie, les politiques se sont pliés aux pouvoirs des banquiers au lieu de leur opposer le pouvoir des peuples. La pression des organismes financiers sur les États est telle que gouvernements de droite ou de gauche n’ont plus le choix : les politiques d’austérité constituent, pour eux, la seule réponse viable à l’avidité de la finance. Ces gouvernants continuent de céder au diktat des agences de notations dont le monopole interdit toute contestation. Au contraire, il serait nécessaire que ces agences n’aient pas un but lucratif mais un objectif d’impartialité, passant notamment par une séparation de la notation des dettes souveraines du reste de leurs activités.

Nous demandons donc à ces 20 dirigeants : où est la remise en cause des marchés ? Où est la régulation nécessaire de la finance ? Et les peuples ? Et la jeunesse ? Et l’avenir ?

Proclamons-le avec force : ce G20, au même titre que les réunions précédentes, est profondément illégitime. Il est inimaginable que 20 pays décident de la survie d’un système pour tous les autres. Il est inimaginable que l’austérité soit imposée aux peuples. Enfin, il est inimaginable que 20 dirigeants hypothèquent l’avenir des jeunes générations pour maintenir à tout prix une croissance et une mondialisation essentiellement profitables à 10% de la population déjà la plus favorisée de la planète.

Ce G20 constitue également une étape avant le sommet de Durban sur le climat. Dans la continuité de la course au productivisme, le mythe de la « croissance verte » sera une fois de plus présenté comme le seul débouché possible à la crise écologique et sociale. Les résultats seront les mêmes : concentration des richesses aux mains de quelques uns et prolongation d’un système obsolète. Pour nous, la reconversion écologique de la société garantirait pourtant la souveraineté et la sécurité alimentaires, l’action démocratique locale, la protection sociale, la production décentralisée d’énergie à partir de sources renouvelables, l’accès à l’éducation… Ces objectifs doivent être définis comme les priorités absolues à atteindre par les institutions de tous les niveaux, du local au global. Les citoyens du monde peuvent aujourd’hui le réclamer.

Il est encore temps pour les peuples de faire porter leur voix. Le « Printemps arabe » et le mouvement des Indignés ont montré la force des mobilisations citoyennes. L’enjeu est majeur : l’idéologie libérale, obsédée par le pouvoir de l’argent, ne pourra en rien proposer un « bien-vivre » durable aux populations. Face à la crise écologique, face aux disparités sociales, face aux injustices, ce sont les peuples qui doivent demander une autre gouvernance.

Les Jeunes Écologistes appellent à lutter contre ce G20 illégitime. Face aux mouvement d’austérités qui vont toucher en premier plan la jeunesse, nous voulons dessiner un autre horizon que celui d’un monde soumis aux aléas des marchés financiers. Nous proposons donc :

  • une régulation globale des flux financiers passant par la mise en place d’une taxe Tobin élargie, et non une version édulcorée par Barroso, pour enfin les reconnecter à l’économie réelle ;
  • l’interdiction des CDS et autres produits dérivés qui misent sur la faillite des opérateurs économiques ;
  • une prise de responsabilité de la part des États, de l’Union Européenne et des Collectivités pour enfin lutter contre les paradis fiscaux. Cet objectif peut passer par le refus de tout contrat avec les banques y possédant des filiales ainsi qu’en instaurant la pratique de la transparence fiscale ;
  • la création d’un vrai pouvoir de régulation, donné à une instance internationale éthique, afin de limiter la spéculation sur les matières premières ;
  • d’œuvrer à la construction d’une Europe fédérale, liée par les valeurs de solidarité, de justice et de progrès social.

Face au G20, crions notre opposition à un monde de l’économie dérégulée !

Les peuples et la jeunesse d’abord ! Du 1er au 4 novembre, tous à Nice face au G20 !

Share This