Par Raphaël, militant du groupe local de Rennes.

Une semaine à Vienne en compagnie de Jeunes Verts européens pour parler politique énergétique, changement climatique, planification d’une campagne et échanger bien au delà ? On dit oui !

C’est donc après avoir visité la très belle ville de Vienne que tous les participants se sont retrouvés pour des premiers jeux de connaissance et de prénoms organisés par une Prep’ Team de choc ! Une fois la glace brisée et tout le monde mis en contact, la semaine a pu débuter avec les attentes et craintes de chacun quand à la formation, une première étape importante et révélatrice de la diversité des participants présents. Ceci malgré que tout le monde se soit accordé pour dire que l’objectif principal restait de rencontrer des activistes de partout en Europe et collaborer à la prise de conscience globale qu’il faut agir contre le réchauffement climatique et le faire vite !

Une première phase du séminaire fut consacrée à l’apport d’informations théoriques sur les politiques énergétiques en Europe.

Sylvain nous a présenté les chiffres et évolutions du secteur de la production d’énergie, en évoquant les différents éléments qui pourraient laisser penser qu’un changement de donne est en cours (le débat autour du nucléaire, des gaz et huile de schiste en Europe, etc.). Il a ensuite évoqué de manière précises les atouts et difficultés de la mise en place d’énergies renouvelables en Europe (prix concurrentiels, diversification du risque, réduction des accidents par la réduction de l’échelle de production, intermittence, etc.)

On a également eu l”honneur de recevoir la député européenne Eva Lichtenberger pour parler des politiques des transports en Europe. Elle nous a rappelé que les inondations qui ont eu lieu récemment en Autriche, République Tchèque et Allemagne sont bien un impact direct du réchauffement climatique et pas une simple hausse passagère de la température. Elle a souligné qu’il était nécessaire de réfléchir dès à présent à la manière dont il faudra gérer les aléas climatiques qui se feront de plus en plus coûteux. Elle s’est attardée un instant sur l’échec européen du projet de “droits à polluer” ou crédit de CO2. Elle a souligné le rôle de la quantité de crédits de CO2 alloués et a rappelé qu’il y a eu beaucoup trop de crédits disponibles, ce qui n’a pas incité les entreprises à changer leurs comportements. Le système ETS est donc discrédité car inefficient, ceci malgré la tentative de réduire le nombre de crédits C02 alloués.

Eva Lichtenberger s’est également attardée un peu plus sur les autres mesures qu’il est nécessaire de prendre à l’échelle européenne. Elle a souligné le rôle très important du secteur des transports, qui selon elle “ruine la quasi-totalité des efforts faits par les autres secteurs pour réduire les émissions”. L’aviation constitue ainsi l’un des secteurs à la croissance la plus rapide, liée essentiellement au développement des compagnies low-cost. Elle a donc recommandé la taxation de ce secteur pour l’instant exempt de taxes, à un niveau européen pour une efficacité accrue. Elle a souligné l’indéniable répercussion sur le prix, avec une augmentation de 10% à prévoir, si l’on souhaite que les transports soient taxés comme les autres secteurs.

Elle s’est enfin attardée (en réponse à la question d’un participant) sur la difficulté de développer le train en Europe dans le cadre d’une coopération inter-européenne. La difficulté pour elle provient des différents usages que font les compagnies ferrovières à l’échelle européenne (en France, majoritairement du transport de passagers, tandis qu’en Allemagne, transport de passagers et de marchandises également). Elle a rappelé en conclusion qu’aujourd’hui en Europe, on consacre plus de places à nos voitures qu’à nos enfants…

Oleg a ensuite présenté les politiques du changement climatique et les principaux éléments décisifs, sommets internationaux et traités mis en vigueur pour lutter contre le réchauffement climatique. Le rôle décisif de la Chine, des Etats-Unis et de la Russie a été rappelé, et Oleg a conclu cette séance très instructive par une brève présentation de plusieurs sites de nature à influencer les négociations internationales (AdoptANegotiator.org, globalpowershift.org, gofossilfree.org/europe)

Oleg a également présenté les outils à utiliser dans le cadre d’une planification de campagne politique ainsi que les différentes théories du changement que l’on utiliser dans le cadre d’une campagne. Parmi lesquelles : le changement individuel, les relations saines, le retrait de ressources, la réduction de la violence, les causes profondes, etc.

Une seconde phase plus “pratique” a suivi pour tenter de mettre en application toutes les connaissances !

Une action contre le  réchauffement climatique a été organisée ! Le principe : sensibiliser à la montée des eaux, et à la multiplication des crues et inondations qui touchent malheureusement beaucoup les pays d’Europe centrale…

 

Puis a suivi un débat public entre Jurrien Westerhof, représentant de Greenpeace Autriche, Jakob Schwartz représentant des Jeunes Verts autrichiens, et Eli Widecki, représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Vienne. Un débat très enrichissant, où chacun a pu développer des positions qui n’ont pas toujours su convaincre l’assistance mais qui ont indéniablement suscité un réel débat !

 Et pour conclure cette semaine riche en informations, plusieurs séances de mise en pratique pour la planification d’une campagne, avec Korol, activiste turc et membre de Greenpeace !

Nous avons pu nous exercer à la planification d’objectifs et à la définition de stratégies à mettre en place pour parvenir à nos fins ! L’objectif étant de rester mobilisé-e-s jusqu’au sommet climatique qui aura lieu à Varsovie en novembre 2013 !

 

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