Absurde et dangereuse” : une fois n’est pas coutume, les Jeunes Écologistes relaient les propos de Dominique de Villepin à propos de la réaction guerrière du gouvernement face au terrorisme et en appellent à une autre réaction, mesurée et réfléchie, de la France face aux attaques terroristes.

Alors que le pays a subi vendredi 13 novembre une vague d’attaques terroristes, la réponse du gouvernement ne s’est pas faite attendre. Nous nous réjouissons de l’engagement du président à ne pas faire d’amalgames et à refuser la fermeture des frontières aux demandeurs d’asile. Ce n’est pas le cas de nombreux chefs d’état européens qui ont clairement profité de l’occasion pour refuser d’accueillir leur quota de réfugié-e-s. En ces heures sombres, nous ne pouvons pas abandonner notre humanité.

Les Jeunes Écologistes déplorent néanmoins la politique guerrière adoptée sans concertation par le chef de l’Etat, qui souhaite renforcer l’action militaire en Syrie. Les bombardements ont, depuis trente ans, prouvé leur inefficacité à combattre un terrorisme qui ne peut être vaincu par la guerre. Apprenons de nos erreurs : les campagnes d’Irak, d’Afghanistan ou encore de Libye n’ont fait qu’alimenter le cercle vicieux de la violence tout en renforçant la radicalisation et l’extension de Daesh par la déstructuration des sociétés.

Il n’existe pas de solutions faciles qui nous permettraient d’éradiquer immédiatement le terrorisme. En réagissant par la guerre, sans remettre en cause notre politique internationale et intérieure, nous ne pourrons pas avancer. Nous le répétons : la réponse ne peut être que politique et diplomatique, par la négociation, le soutien aux forces locales rebelles et l’assèchement des finances des terroristes. Pour ce dernier point, nous devons mettre en place dès maintenant une stratégie internationale, notamment avec la Turquie, afin de paralyser le trafic de pétrole mis en place par Daesh et limiter nos importations. Notre politique écologique devient alors une arme à part entière. Rappelons aussi que la France est l’un des plus grands vendeurs d’armes à l’échelle internationale. Comment ne pas déplorer alors l’hypocrisie ambiante? Où qu’elles soient vendues, ces armes servent à tuer. Il faut s’attaquer à ce marché de l’armement et réduire ainsi drastiquement la vente d’armes. En alimentant ce réseau, nous donnons le bâton pour nous faire battre.

La fin du terrorisme est un processus lent et nos sociétés doivent tout faire pour se protéger contre lui tout en préservant les valeurs de la démocratie et de la liberté. Les Jeunes Écologistes s’opposent donc à l’obsession du tout-sécuritaire. Si une protection des lieux publics est évidemment nécessaire, le bricolage hâtif de nouvelles législations liberticides comme la loi Renseignement sont contre-productives. En installant la peur dans nos sociétés, en favorisant les stigmatisations et en troquant nos libertés contre plus de sécurité, elles font le jeu des terroristes. L’état d’urgence qui vient d’être étendu aux trois prochains mois inquiète non sans raison les citoyen-ne-s français-es. Il se traduit par le contrôle des frontières mais aussi la surveillance généralisée de la population, des perquisitions et des assignations à résidence dans le plus grand flou juridique, la suspension des droits de manifester et de se réunir et la mise en place de couvre-feux. Dans une telle atmosphère politique, nous sommes également inquièt-e-s vis-à-vis de la volonté du Président de la République de modifier la Constitution dans l’émotion et la précipitation.

Les conséquences des attentats seront donc bien plus lourdes que le bilan humain et matériel, c’est la démocratie elle-même qui est attaquée. Au lieu de la préserver, au lieu de la renforcer, les dernières annonces semblent plutôt la mettre à mal. Il aurait été plus sage de s’inscrire dans les mots du Premier ministre Norvégien, qui, après les attentats d’Oslo, a souhaité “répondre à la terreur par plus de démocratie, plus de tolérance, plus d’ouverture ” . Nous regrettons amèrement que notre gouvernement choisisse moins de démocratie, moins de liberté, et plus de frontières.

En ces temps de trouble, les Jeunes Écologistes réaffirment leur pacifisme et réclament :
– Une nouvelle politique de renseignement ciblée et implantée sur le territoire et non pas une surveillance généralisée de la population.
– Une stratégie internationale ayant pour objectif d’assécher les finances de Daesh, notamment vis-à-vis du pétrole.
– Un soutien aux populations qui combattent Daesh sur le terrain comme le peuple kurde.
– De la clarté de la part de l’exécutif sur la prolongation de l’état d’urgence et la nécessité de modifier la Constitution.

 

Contacts presse :
– Victor Vauquois, co-secrétaire fédéral : 06 33 30 05 69
– Cécile Germain, co-secrétaire fédérale : 06 95 85 76 57

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