Les Jeunes Écologistes condamnent avec fermeté la décision préfectorale autorisant un projet d’élevage industriel intensif dans la Somme, montrant une ignorance inquiétante au sujet des équilibres écologiques  et économiques.

Vendredi 1er février, Jean François Cordet, préfet de la Région Picardie, signait l’arrêté autorisant la SCEA à exploiter, sur les communes de Drucat et de Buigny-Saint-Maclou, un élevage laitier industriel associé à un méthaniseur, dans lequel étaient initialement prévues 1000 vaches et 750 veaux et génisses. Selon le communiqué du préfet, ce chiffre a été baissé à 500 vaches. En France, aucune loi ne limite aujourd’hui la taille d’un troupeau laitier. Mais un tel projet serait une véritable rupture dans le secteur de l’élevage laitier, la taille moyenne du troupeau d’une exploitation laitière étant encore de 57 vaches en 2010.

Depuis novembre 2011, riverains, militants écologistes et associations se battent contre ce projet, à travers notamment l’association Novissen, qui comporte plus de 1000 adhérents. Alors que l’enquête publique réalisée a bien montré l’opposition d’une majeure partie de la population, le projet a de plus écopé d’un vote négatif du Conseil Municipal de Drucat. Ce projet pose en effet de nombreux problèmes environnementaux, sanitaires et éthiques. En outre, il ne répond pas aux exigences économiques, dans la mesure où sa nature productiviste engendrera une perte d’emplois pour la région.

Les Jeunes Écologistes, soucieux d’un changement de paradigme agricole en France, rappellent que les conditions de vie animale en élevage conventionnel sont déjà mauvaises. Première ferme industrielle de ce type à être autorisée en France, ce projet est le parfait contre-exemple du modèle agricole qu’il faut privilégier. Alertée à de nombreuses reprises, Delphine Batho, ministre de l’Environnement en charge du dossier, aurait-elle, elle aussi, succombé aux sirènes des lobbies agricoles et industriels en ne s’opposant pas à la signature de cet arrêté ?

Il  est aujourd’hui reconnu unanimement que, globalement, en France, nous consommons trop de produits d’origine animale. En effet,  ils ont un lourd impact, tant sur leur consommation qui comporte des risques pour la santé que sur leur production, néfaste pour l’environnement (GES, déforestation, pollution des eaux, ammoniac, etc). Concernant les animaux, leurs conditions de vie se dégradent parallèlement à l’augmentation de la consommation, car celle-ci accélère la nécessité d’une production de masse.

Il est urgent que les pouvoirs publics français se penchent sérieusement sur les équilibres écologiques et économiques de ce type d’élevage, de plus en plus productiviste et de moins en moins respectueux, à la fois des animaux et de la santé des consommateurs.
Dans tous ses aspects, ce projet d’élevage industriel est motivé par l’appât du gain. Un méthaniseur est en effet prévu afin de transformer les excréments animaux en énergie, qui sera ensuite vendue.  Nous reconnaissons que la méthanisation peut être intéressante, mais uniquement lorsqu’elle consiste à valoriser les ressources existantes sans perturber ni le modèle agricole picard, ni les équilibres écologiques et économiques au profit d’intérêts financiers spéculatifs, comme c’est le cas dans le projet Ramery.

Michel Welter, porteur du projet, déclarait le 27 octobre dernier, dans le Courrier Picard que «si le projet est limité à 500 vaches, (il) arrêtait tout». Les Jeunes Écologistes l’invitent à joindre la parole au geste !

Les Jeunes Écologistes appellent donc à répondre à l’appel d’une mobilisation massive, le 3 mars, au salon de l’agriculture, pour montrer leur profond rejet d’une politique industrielle productiviste néfaste et destructrice.

Une grande manifestation contre le gigantisme des élevages industriels aura lieu le dimanche 3 mars prochain à Paris, à l’appel du collectif NOVISSEN. Plus d’infos ICI.

 

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