Les 21, 22 et 23 novembre 2014, les Jeunes Écolos de toute la France avaient rendez-vous à Grenoble pour le premier forum de l’année militante. Récit de l’événement.

Arrivée à Grenoble

Vendredi soir. Les jeunes écolos arrivent en au compte-gouttes au local EELV de Grenoble où un pot d’accueil est organisé. Houmous, gressins et vin bio sur la table. Les trains arrivent de Lyon, Valence, Marseille, Paris… D’autres arriveront en mini-bus ou en co-voiturage plus tard dans la nuit, de Rennes, Strasbourg, Bordeaux ou Lille.

Tout ce joyeux monde a rendez-vous en terre grenobloise pour un week-end de forum fédéral, autour du thème du travail. Pas question d’une ambiance trop studieuse pourtant. Déjà, ça chante, ça crie, ça rit. Dans l’écologie cuisinée à la sauce jeunes écolos, c’est la convivialité qui est l’ingrédient principal.

Tout un symbole

Évidemment, tout le monde avait hâte de venir à Grenoble. Pour l’intérêt du forum d’abord. Mais aussi parce que les habitant-e-s ont élu un maire et une équipe municipale écolo-citoyenne aux dernières élections. Grenoble est devenue un symbole d’espoir pour ceux et celles qui se battent pour l’alternative écologiste. Cerise sur le gâteau donc : le maire en personne, Éric Piolle, est passé souhaiter la bienvenue à tous ces jeunes écolos, entre un vernissage d’expo et un événement associatif.

La centaine de militant-e-s présent-e-s a ensuite pris la direction de La Bobine, célèbre lieu associatif grenoblois, où les discussions, pour certain-e-s, se sont prolongées jusque tard dans la nuit…

Tout le monde s’y met

C’est à Ève (Espace de Vie Étudiante), lieu associatif géré par les étudiant-e-s sur le campus universitaire, que le mouvement des Jeunes Écolos s’est installé le temps du week-end. À peine le forum déclaré ouvert et le mot d’accueil prononcé, les échanges avaient déjà commencés. Un débat mouvant pour éveiller en douceur les débats sur le thème du travail ouvrit la matinée et fut suivi d’un jeu participatif par équipe sous l’intitulé « De quelle société du travail rêves-tu ? ».

C’est là la méthode des Jeunes Écolos : pas très attiré par la forme du cours magistral ou par la hiérarchisation militante, le mouvement de jeunesse préfère tendre le micro à tout le monde. Ainsi, s’inspirer des méthodes de l’éducation populaire pour construire ses propositions, c’est déjà une manière complètement originale et différente de débattre et de s’informer.

En début d’après-midi, Pierre Meriaux, inspecteur du travail, et Joseph Sangiorgio, co-directeur de la coopérative d’activité et d’emploi Coopaname, font leur arrivée, l’occasion d’évoquer la question des conditions de travail dans notre société, les nouveaux modes d’entrepreneuriat copératif et de l’avenir de l’Économie Sociale et Solidaire face aux biais de l’entrepreneuriat social. Les Jeunes Écolos s’en rendent compte très vite : écologie, justice sociale et dynamisme économique peuvent rimer !

Stagiaire Pride

Suite de la journée : l’action ! Cet après-midi, c’est une Stagiaire Pride qui est organisée. On peint des slogans sur des cartons : « Vis ma vie à 436 euros par mois », « Sois stage et tais-toi », « Un demi-Smic, c’est chic »… On prend drapeaux, tracts, autocollants en main. On remet des piles dans le mégaphone. On répète les chants ironiques, à plein poumons. Et c’est parti pour la marche des fiertés stagiaires dans le centre-ville de Grenoble !

La majorité des passant-e-s sourient, nous déclarent leur soutien. D’autres nous lancent des regards méprisants. On entend aussi, au détour d’une rue : « Eh ben c’est pas comme ça qu’ils obtiendront un CDI… » ! En tout cas, la manifestation ne laisse personne indifférent et le message passe… à grands coups d’humour et de slogans ingénieux.

Un café mondial pour finir

Retour sur le campus universitaire. Pas fatigué-e-s (non non), toujours motivé-e-s, un café mondial est lancé pour conclure la journée. Au programme, plusieurs ateliers parallèles sur le revenu de base, le partage du temps de travail, les solutions au chômage des jeunes, le travail et la mécanisation, la santé au travail, etc, qui permettent là encore aux militant-e-s de faire émerger des idées.

Ça y est, une journée intense et créative se termine et laisse place à une soirée animée, une fois n’est pas coutume… (Pour en savoir plus, tu n’auras qu’à venir la prochaine fois !)

Jour 2

En ce dimanche matin, les Jeunes Écolos accueillent Nadine Reux – ex-infirmière du travail – puis Bernard Friot – sociologue et économiste – pour prolonger leur réflexion sur le travail. L’une évoque les relations humaines au travail, l’autre nous invite à nous questionner sur le sens même du travail et de l’emploi : travailler, oui, mais au fait, pourquoi ?

En début d’après-midi, pour conclure le week-end, les groupes de travail – l’équivalent des commissions thématiques internes des Jeunes Écologistes – pour échanger, débattre, élaborer des infographies, travailler sur le fond. Il y a de la vie dans ce mouvement !

Et c’est déjà l’heure de partir… Regonflé-e-s à bloc, fatigué-e-s mais heureux-ses, les Jeunes Écolos repartent progressivement dans leur pénates. On se tape dans le dos. On s’embrasse. On s’encourage pour continuer à faire avancer l’écologie dans nos villes et nos campagnes respectives.

Le Dauphiné Libéré et le JDD du jour ont traîné toute la journée sur les tables, et pour cause : la majorité municipale de Grenoble viennent d’annoncer leur volonté de libérer la ville de la pub en ne renouvelant pas le contrat qui les liait jusqu’à alors à JC-Decaux ! Tout un symbole, on vous disait… Une raison de plus d’avoir l’espoir chevillé au corps à la fin de ce forum. Vivement le prochain !

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