Ce que beaucoup nomment “crise des Gilets Jaunes” est en fait un révélateur puissant de la crise profonde qu’engendre le maintien du système libéral, capitaliste et productiviste. Premier grand soulèvement de nature éco-sociale, nous devons en tirer des enseignements pour construire une alternative radicale.

C’est dans un contexte de forte casse sociale avec la réforme de l’assurance chômage, les lois sur l’immigration et la réforme des retraites en construction que les Gilets Jaunes fêtent aujourd’hui leur anniversaire.

Parti d’une révolte contre la taxe des carburants du gouvernement – taxe qui a été mise en place à peu près au même moment que la suppression de l’ISF – le mouvement des Gilets Jaunes est rapidement devenu une contestation sociale aux revendications larges, structuré par un rejet complet des politiques du gouvernement actuel, une forte demande de démocratie, et des exigences de protection sociale et d’action concrète et rapide sur le plan écologique.

Les mobilisations ont pris diverses formes : occupation de rond points, blocages, manifestations non déclarées, et alors que certains aiment parler de « crise des Gilets Jaunes », nous préférons parler de « sursaut démocratique ». Ces mobilisations ont ainsi permis la remobilisation et la repolitisation de nombreuses personnes qui avaient déserté les manifestations et les organisations syndicales. L’incapacité de ces formes de contestation à produire des résultats autres que des négociations à la marge et l’obtention de miettes de la part d’un exécutif décidé à continuer de creuser son sillon étant en cause. Les Gilets Jaunes, c’est avant tout une grande vague de solidarité, de convivialité, la recréation de liens d’entraide à l’échelle locale, et l’émergence d’une démocratie certes informelle et non institutionnelle, mais beaucoup plus vivace, sincère et constructive que le « Grand Débat », et qui pose les bases d’un renouveau de la vie politique locale dont nous verrons sans doute les effets lors du scrutin de mars 2020. 

La réponse du gouvernement n’a été que mépris et surdité. En dehors les concessions faites en urgence sur le gel de la taxe carbone et les quelques primes, il n’y a eu aucune remise en cause de la pente libérale-capitaliste, responsable de la précarisation grandissante des existences. Bien au contraire, la casse des services publics se poursuit, les attaques sur le peu qu’avaient les plus précaires (chômeuses et chômeurs, migrantes et migrants…) se multiplient. Les violences policières, constituant déjà la toile de fond du quotidien des habitant.e.s de quartiers populaires, se sont abattues de manière forte et systématique sur les manifestant.e.s des samedi jaunes et ont rendu manifeste aux yeux de tou.te.s les dysfonctionnements profonds d’une doctrine de « maintien de l’ordre » qui a fait des mutilé.e.s et des blessé.e.s en nombre, et même des morts.

Les Jeunes Écologistes dénoncent la violence de la répression institutionnelle qui a touché et continue de toucher le mouvement des Gilets Jaunes. Nous dénonçons également la couverture médiatique du mouvement, qui après avoir bénéficié d’une forte publicité à ses débuts a ensuite été réduit de manière trompeuse à des insurgé.e.s ultra violent.e.s avant d’être purement et simplement délaissé par les médias dominants.

Nous saluons les moments de convergence entre Gilets Jaunes et les mouvements écologistes et considèrent que la transition écologique véritable ne peut se réaliser que si elle est liée à une rupture avec le système libéral-capitaliste actuel, à une refondation démocratique passant par une large décentralisation, et à une transition sociale profonde garantissant à toutes et tous le droit à la dignité, au bonheur, au bien vivre

Un an après l’émergence du mouvement des Gilets Jaunes, les mobilisations sont de retour, partant cette fois-ci de foyers de contestation plus ciblés – contre la précarité étudiante, contre la réforme des retraites, pour sauver l’hôpital public… – mais qui néanmoins sont solidaires les uns des autres. Les revendications formulées par les Gilets Jaunes ont eu pour intérêt de rendre sensible la liaison entre nos différents combats, de rendre tangible l’impérieuse nécessité de lier les luttes. Les Jeunes Écologistes seront donc présent.e.s aux côtés des cheminots, du personnel hospitalier, des étudiant.e.s et de toutes les fractions de la société en lutteNous apportons notre soutien aux Gilets Jaunes qui défileront à nouveau ce samedi et travaillons à la montée en puissance d’une écologie sociale pouvant mettre à bas un système structurellement destructeur, qui prive notre génération de toute perspective d’avenir.

Contacts Presse : 
Claire Lejeune, co-secrétaire fédérale: 0628232685
Maxime Carpentier, co-secrétaire fédéral: 0606762387

Photo de bannière : Thomon (CC BY-SA 4.0)

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