« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » . Cet incessant refrain dicte une politique migratoire désastreuse depuis plusieurs années en dépit du respect des droits de l’Homme par l’État. 

Avec la circulaire du 12 décembre 2017, la majorité gouvernementale a repris les idées de la droite radicale en instaurant des recensements des personnes hébergées au sein des structures d’urgence afin de mettre fin à l’hébergement inconditionnel sans considération de la vulnérabilité des migrants concernés. 

La précarisation sur le sol français des personnes dans une situation illégale s’accompagne d’une volonté affichée d’augmenter les éloignements des migrants vers les pays tiers en vertu de la circulaire du 20 novembre 2017.

Au delà de cet acharnement contre les personnes illégalement sur le territoire français, la proposition de loi renforçant le régime d’asile européen votée en première lecture à l’Assemblée nationale le 7 décembre 2017, permettra de priver de liberté des personnes en situation régulière. 

En effet, ce texte vise à faciliter le placement en rétention des demandeurs d’asile placés sous procédure Dublin, c’est-à-dire des personnes dont la demande d’asile dépend d’un autre état membre de l’Union européenne, ce qui représente 52 % des demandes d’asile en France. 

En gardant à l’esprit que Gérard Collomb s’est félicité d’une augmentation de 124 % des transferts des dublinés depuis le début de l’année, il y a de fortes raisons de craindre que la volonté affichée du gouvernement s’accompagnera d’une banalisation de l’enfermement des étrangers demandant une protection internationale pour arriver à des transferts effectifs plus nombreux. 

« Cette nouvelle vision du régime d’asile européen par la France est particulièrement préoccupante au regard de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme énonçant que la Grèce, l’Italie et la Hongrie ne donnent pas accès à un recours effectif aux demandeurs d’asile et présentent des risques de traitements inhumains sur leur sol » explique Célia Da Costa Cruz, co-secrétaire fédérale des Jeunes Écologistes. 

Le gouvernement fait pourtant la sourde oreille et argue le règlement Dublin pour se défendre de toute violation des droits de l’Homme dénoncée par le défenseur des droits Jacques Toubon. 

La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne garantit pourtant les mêmes droits. Ainsi contrairement au discours officiel, la France manque à ces obligations européennes à travers cette proposition de loi. 

« Les Jeunes Écologistes appellent tout-e-s les citoyen-nes et les associations à se joindre à nous afin de dénoncer via le système de plainte auprès de la Commission européenne, le manquement de l’État français vis-à-vis de ses engagements internationaux » conclut Hugo Cordier, co-secrétaire fédéral des Jeunes Écologistes.

Contacts :
Célia Da Costa Cruz, co-secrétaire fédérale – 06 29 70 95 61
Hugo Cordier, co-secrétaire fédéral – 06 14 29 27 28

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