EXPOSÉ DES MOTIFS

La notion de bien-être revient souvent dans nos récits écologistes. Elle est même incontournable, si nous souhaitons construire une société permettant à chacun·e de s’épanouir.

Le mouvement écologiste a régulièrement pu avoir des liens forts avec de nombreux mouvements, pouvant parfois se baser sur des concepts spirituels pouvant aller jusqu’aux dérives sectaires. Cela est dû à notre sensibilité au vivant et à nos écosystèmes, mais aussi à notre construction en opposition à la société capitaliste, productiviste et consumériste. 

Encore récemment, il pouvait être entendu que nous aurions tout intérêt à viser lors des élections, en reprenant leurs codes, les personnes adeptes du développement personnel.

Cette stratégie est une pente idéologique dangereuse. Il est nécessaire de comprendre les enjeux actuels autour du développement personnel, pour éviter de tomber dans un discours politique éloigné de nos valeurs collectives. 

Le terme lui-même est assez équivoque : il place les individus comme étant l’élément central de leurs conditions de vie. Cette théorie, non prouvée, vient tout droit de la psychologie “positive” des années 90 et de Martin Seligman1. Selon lui, le bonheur serait dépendant à 90 % de notre biologie et de notre état d’esprit, et à 10 % de notre environnement ou de nos conditions sociales. Exit les rapports de dominations, la précarité et tout autre facteur social ! 

La construction du développement personnel est donc basée sur un individualisme exacerbé.

C’est pourquoi le développement personnel a le vent en poupe. Il est beaucoup plus intéressant pour les défenseurs d’une société libérale que l’individu n’aille pas chercher dans les causes de son mal-être autre chose que son propre manque de volonté. 

Cette vision du bien-être ne peut pas être la nôtre, si nous voulons en faire un des piliers d’une société juste, égalitaire et écologique. 

Cependant, il est primordial que nous ne tombions pas dans la négation du mal-être, notamment au travail. 

Nous devons plutôt que de valider le développement personnel, nous attaquer aux causes qui poussent des gens, souvent vulnérables, vers ce type de réponse. 

La santé mentale est de plus en plus évoquée dans notre société. La mauvaise santé mentale grandissante est un des facteurs premiers qui expliquent l’essor du développement personnel. On le sait, les troubles de santé mentale ont une origine psycho-sociale. Les violences (physiques ou psychiques), la précarité, l’exclusion sociale sont les principales causes du déclenchement de troubles psychiques chez une personne. Toutes ces causes peuvent être combattues politiquement. 

Notre rôle, en tant que Jeunes Ecologistes, doit être de rappeler continuellement que l’action collective de transformation sociale est le meilleur moyen de convaincre des personnes en souffrance que le problème à leur mal-être n’est pas principalement le fait de leur volonté, mais de la société libérale et capitaliste. Et surtout, que nous avons les moyens de la changer.

DISPOSITIF

Les Jeunes Écologistes : 

  • Alertent sur les potentiels de dérives sectaires d’un grand nombre de méthodes de développement personnel.
  • Combattront l’utilisation des codes néo-libéraux et individualistes attachés au développement personnel.  
  • Seront vigilant·es aux discours politiques sur la santé mentale. 
  1. Source: “Politiser le bien être” Camille Teste ↩︎