EXPOSÉ DES MOTIFS

Si 88% des communes françaises sont des communes rurales, seulement un tiers des français·es habitent au sein de ces territoires. La population française est donc en grande majorité composée d’urbain·es. Dans le même sens, les politiques publiques mises en place sont plus favorables aux habitant·es des villes qu’à celles et ceux des campagnes. Nous le savons, les fractures sociales, politiques, culturelles, médicales, numériques ou encore en termes d’accessibilité en transport sont réelles entre le milieu rural et le milieu urbain.

En tant qu’écologistes, nous devons affirmer notre volonté de défendre l’ensemble des habitant·es français·es, y compris celles et ceux issu·es des territoires les plus éloignés des grandes métropoles.

Notre sphère de compétences et de mobilisation ne s’arrête pas aux villes et leurs couronnes périurbaines. Les valeurs de l’écologie politique sont celles qui défendent et protègent les plus précaires, dont les territoires ruraux. Par territoires ruraux nous entendons tous les territoires isolés des tentaculaires réseaux urbains ; en somme, ceux où il y a un manque d’accessibilité certain dans de nombreux domaines, notamment dans le service public.

C’est-à-dire chacune des vallées, des montagnes, des plaines et des campagnes du territoire français, métropolitain comme dans les Outre-Mers.

Fort·es de notre présence dans de nombreuses agglomérations, Les Jeunes Écologistes sont une organisation de jeunesse politique qui souhaite porter auprès du plus grand nombre de jeunes les valeurs de l’écologie politique. Il s’agit ainsi “d’en finir avec les grandes villes” et de sortir l’écologie politique d’une métropolisation brutale qui l’entraîne à sa perte, comme les résultats des élections de 2024 le confirment. C’est pourquoi, en tant que Jeunes Écologistes, nous devons nous impliquer massivement dans chacun de ces espaces : campagnes, plaines, vallées, montagnes.

Fier·es de nos valeurs et de nos méthodes d’inclusion, nous affirmons l’accès à chacun de ces territoires, malgré la difficulté physique à atteindre certaines villes rurales. En luttant pour la défense et la mise en avant des plus précaires, nous militons par exemple contre les déserts médicaux ou pour l’égal accès aux richesses culturelles entre toustes. Par la même occasion, nous affirmons notre capacité à militer dans les milieux ruraux, quels qu’ils soient. Les campagnes que nous faisons ne sont pas uniquement celles des campagnes urbaines et nationales mais sont aussi celles des luttes locales rurales qu’elles soient béarnaises, poitevines ou ardéchoises par exemple.

Bien qu’ils soient peu visibles médiatiquement, ces territoires ruraux ne sont pas à négliger et sont, chacun, créateurs de nombreuses alternatives écologiques et sociales inspirantes.

L’accessibilité aux territoires ruraux est une véritable problématique et nous avons conscience que si elle est aussi difficile pour les Jeunes (Écologistes) c’est bien parce que les lignes de transports en commun ne vont pas assez en profondeur des campagnes ou parce que le coût des billets est trop élevé.

Selon une enquête réalisée par l’institut Terram en mai 2024[1], 49% des jeunes de milieu rural disent avoir renoncé à des pratiques culturelles en raison de contraintes de déplacement / de modes de transport. En effet, 69% des jeunes ruraux·ales dépendent quotidiennement de la voiture contre 31% des jeunes urbain·es. Il existe une vraie problématique autour de l’accès à la mobilité en milieu rural avec de véritables situations d’ “immobilité” auxquelles nous devons, en tant qu’écologistes, faire face en proposant de réelles solutions.

Nous soutenons le développement des transports en commun en milieu rural selon les besoins effectifs et réels de ces territoires. Par exemple, les territoires montagneux ne pourront pas être aussi bien investis de pistes cyclables que les plaines. Nous défendons aussi les espaces d’intermodalités afin que l’usage des différents modes de transport écologiques aient des lieux d’arrivée et/ou de passage communs.

Enfin, il est de notre responsabilité, en tant que jeune et en tant qu’écologiste, de nous déplacer au sein de ces communes rurales de plus en plus heurtées par un vote en faveur de l’extrême-droite et de permettre à chacun·e de leurs habitant·es d’avoir une vie aussi digne que celle que d’autres ont en ville.

À l’approche des élections municipales de 2026, les écologistes doivent s’affirmer comme étant les allié·es de chacune des composantes des ruralités et non comme leurs adversaires comme cela est souvent prétendu. Nous devons réaffirmer notre volonté de présence dans les milieux ruraux, d’une part auprès des Écologistes, mais aussi au sein de notre organisation, auprès de nos partenaires et des médias.

L’écologie n’est pas une idéologie citadine ; elle doit associer sans crainte les milieux urbains et ruraux.

Les Jeunes Écologistes doivent apporter tout leur soutien aux listes écologistes et citoyennes candidates dans les villages ou les petites villes des territoires ruraux.

[1]https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2024-05/IT_E%CC%81TUDE-00002_ENQUE%CC%82TE-OPINION_2024-05-21_w_planches.pdf

DISPOSITIF

Si nous avons conscience de la réelle présence du vote Rassemblement National dans les territoires ruraux comme l’ont montré les résultats des élections européennes comme législatives de 2024, nous ne pouvons pas l’accepter et nous devons agir en allant directement et au plus près des habitant·es des villes et villages concerné·es. Nous devons être à l’écoute et à la disposition des habitant·es, en leur faisant part de nos propositions concrètes pour le monde rural, les campagnes, les montagnes et les vallées comme : 

  • Réguler l’installation des médecins dans les déserts médicaux
  • Garantir l’accès aux services publics : personne ne doit habiter à plus de trente minutes d’un accueil physique des services publics
  • Garantir le droit au logement effectif
  • Baisser la TVA sur la tarification des transports communs à 5,5%
  • Moratoire sur la fermeture des petites lignes ferroviaires pour les rouvrir dès que possible
  • Promouvoir une filière sylvicole respectueuse de la biodiversité et des sols, garantissant les qualifications et les emplois des forestiers
  • Lutter contre l’accaparement des terres et permettre une exploitation à chaque agriculteur·rice qui souhaite s’installer
  • Aligner les niveaux du RSA et du SMIC sur l’ensemble du territoire français