La Grèce a annoncé, samedi 1er janvier 2011 par la voix de Christos Papoutsis, ministre grec chargé de l’immigration, vouloir édifier une clôture de 12,5 km le long de sa frontière avec la Turquie. Ce « mur frontière » aura vocation, d’après le gouvernement grec, à endiguer le flux d’immigrés clandestins désireux d’entrer dans l’Union européenne. En effet, en  2010, près de 128 000 clandestins auraient choisi la région d’Evros pour pénétrer dans l’espace européen, et c’est par cette frontière avec la Turquie qu’affluent en Europe près de la moitié des migrants illégaux interceptés. Le ministre Papoutsis invoque ainsi les limites des capacités d’accueil de son pays, martelant que la Grèce ne peut plus faire face, confrontée par ailleurs à une crise économique et financière dramatique.

La Commission européenne a émis lundi 3 janvier des réserves sur l’édification de ce mur. Pour Michèle Cercone, porte-parole de la Commissaire européenne en charge de la sécurité Cécilia Malmström : « La gestion des frontières est l’affaire des Etats, mais dans certains cas, les frontières nationales sont également les frontières de l’UE ». Ajoutant que « les barrières ont prouvé qu’elles étaient des solutions de court-terme ».

Ces réserves apparaissent bien timides. On croyait que l’édification de murs en Europe datait d’une sinistre période de l’histoire européenne, enfin révolue depuis la chute du mur de Berlin. Mais l’ombre d’un nouveau « rideau de fer » revient hanter notre continent. Depuis quelques années, l’Union européenne se transforme progressivement en « forteresse » : Accords de Schengen, traité d’Amsterdam, règlement Dublin, programme de La Haye, directive retour, les traités et textes successivement adoptés vont tous dans le même sens, celui d’une politique communautaire migratoire basée sur la fermeture et la répression avec l’étranger perçu comme un ennemi. L’annonce du Gouvernement grec ne vient finalement que confirmer ce contexte par l’édification d’un mur physique, triste symbole de notre actuel projet européen.

Europe Ecologie – Les Verts dénonce ce projet d’édification d’un mur par les autorités grecques et en demande l’abandon inconditionnel. La Commission européenne doit clairement condamner ce mur et ne pas se contenter de réserves, en appelant notamment à conditionner les aides financières à la Grèce à l’abandon de cette idée. Après l’absence de ferme condamnation de la Hongrie prenant la tête du Conseil de l’UE avec une loi sur les médias menaçant la liberté de la presse,  l’acceptation d’un mur à la frontière entre la Turquie et la Grèce serait un nouvel abandon dramatique de nos principes de la part d’une institution gardienne de nos Traités. Le Parlement européen doit également se saisir de ce sujet pour en débattre lors de sa prochaine séance plénière. L’édification d’un nouveau « rideau de fer » en Europe sonnerait le glas d’un projet européen ouvert et basé sur la paix, la prospérité, la solidarité et le respect des droits de l’homme.

Les Jeunes Verts.

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