Motion votée par les Jeunes Écologistes le 29 janvier 2011

La crise systémique -financière, économique, sociale et environnementale- actuelle a poussé les gouvernements des pays développés, notamment en Europe, à mener des politiques d’austérité. Diminution des prestations sociales, des salaires des fonctionnaires, durcissement de la politique budgétaire ; de la Grèce à l’Irlande, des gouvernements les plus à droite aux gouvernements socialistes, les plus vulnérables sont les premiers touchés par les mesures drastiques prises par nos dirigeants. Ceux-ci restent éternellement aveuglés par une croyance irrationnelle en la capacité de la croissance économique et du productivisme à produire du bonheur pour tous (et surtout pour les riches !).

Les Jeunes Écologistes réclament une réflexion globale, par delà les échéances électorales, sur nos modèles de société et en appellent à des politiques responsables envers les jeunes générations.

Des revendications révélatrices d’un véritable sentiment de mal-être chez les jeunes

Comme le soulignait Louis Chauvel dans sa Tribune « Les jeunes sont mal partis », « la réforme des retraites aurait pu être un moment propice à l’analyse des années 2030 ». Elle aurait du donner lieu à une réflexion profonde sur la manière dont nous concevons notre avenir : de la réduction forcée du temps de travail (sous l’effet de la crise) au développement des affections longue durée qui contribuent au renversement de la courbe d’espérance de vie… Mais la vision court-termiste du gouvernement et d’une large part de la classe politique nous a pourtant mené dans le mur : plutôt que d’investir dans sa jeunesse et ainsi recréer richesse et lien social, le gouvernement a préféré mettre en oeuvre une réforme financière mineure. Remuer sans trop se mettre en danger, flirter avec les classes d’âge supérieures en prétendant faire le bien des plus jeunes, oublier de se battre pour plus de justice sociale et surtout de créer un régime des retraites viable sur le long-terme : voilà bien un comportement utile pour un gouvernement de droite uniquement mené par son désir de réélection !

La société promise par nos dirigeants actuels semble en effet bien sombre… entre réduction des libertés (des migrants, de circulation ou encore numériques), coups fourrés environnementaux (du nucléaire aux gaz de schiste) et une perte d’intérêt portée aux inégalités sociales. Face à la crise, les gouvernements européens jouent le jeu de l’opposition entre groupes de personnes : les nationaux aux étrangers, les riches aux pauvres, les jeunes aux vieux. Le système des retraites en est l’illustration : les inégalités sont d’ores et déjà frappantes, en termes de pénibilité, de carrières longues, de rapports hommes/femmes… Le recul de l’âge moyen pour le premier enfant, l’allongement des études, la multiplication des stages et des emplois précaires, contribuent à creuser les inégalités au sein de la jeunesse et entre les classes d’âge. Nous sommes la première génération à subir le phénomène de déclassement par, rapport à nos parents

Les revendications émises par les militants n’avaient pourtant pas tant trait à la réforme en cours qu’aux conditions de vie imposées à nos générations. Outre les données scientifiques, les revendications des jeunes dans les rues criaient une nécessaire remise en cause de notre organisation sociale : réclamer la prise en compte des temps d’inactivité forcée, des périodes de stage ou de l’alongement des études -non rémunérées- n’est pas un nouveau caprice des jeunes générations. Bien au contraire, ces réquisitions expriment l’impotence et le désespoir devant une société qui n’investit plus dans sa jeunesse, coupant les crédits à l’éducation, à l’accès à la culture, aux activités sociales, remettant en cause son accès aux transports ou pire, au logement. Les chiffres sont terribles : jusque 25% de chômeurs chez les jeunes actifs, 35-40% dans les quartiers les plus défavorisés, et plus de 50% à la Réunion. Les débats n’ont par ailleurs pas abordé un sujet qui nous est démographiquement bénéfique : les apports de l’immigration. Le vice va même jusqu’à l’indifférence totale face à un problème de taille : du fait de la multiplication des maladies longues comme les cancers et des diverses pollutions, la course d’espérance de vie se renverse. Nous avons assisté à un événement historique ces dernières années: pour la première fois, la courbe de l’espérance de vie à la naissance a baissé aux USA entre 2007 et 2008. De même, l’espérance de vie en bonne santé a significativement baissé lors de ces dix dernières années en Europe (source – Eurostat). Si nous continuons avec le même modèle de vie, nous pourrions bien être la première génération à voir l’espérance de vie à la naissance régresser.

Pour une réforme systémique, vers une politique de génération

C’est donc une réforme systémique de l’ensemble des secteurs que les Jeunes Écologistes appellent de leurs vœux : fiscalité, protection sociale, politique énergétique et environnementale, programmes de vivre-ensemble… tout est à refaire.

Outre les quelques propositions concrètes ci-dessous, nous chercherons à créer les cadres pour qu’une telle réflexion puisse avoir lieu afin que de lanceurs d’alerte, nous devenions des porteurs d’espoir :

  • reconversion écologique de notre économie avec un investissement de taille dans les emplois verts, seule capable de résoudre le problème du chômage et par ricochet du chômage des jeunes ;
  • réinvestissement dans l’éducation publique et gratuite, de la maternelle aux universités ;
  • prise en compte des périodes d’inactivité (investissement dans des associations, syndicats…) au sein de la reconnaissance des qualifications comme du calcul des prestations sociales ;
  • instauration d’un revenu minimum universel à hauteur de 60% du revenu médian, assorti d’un revenu maximum ;
  • maintien d’un système d’accès au soins de qualité et du système de Sécurité Sociale
  • réforme du système de retraites afin de passer à un système prenant en compte la précarité imposée aux jeunes…

C’est parce que ces suggestions ne peuvent avoir d’effet immédiat, mais qu’elles sont efficaces et viables sur le long terme, que nous invitons tous ceux qui le souhaitent à participer à nos réflexions sur la société telle que nous l’envisageons en 2072… afin de formuler les bonnes propositions pour la campagne présidentielle 2012 !

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