Votée par le Parlement des Jeunes Écologistes le 1er juin 2025

EXPOSÉ DES MOTIFS

Parmi les luttes contre l’exploitation, les discriminations et toute forme de maltraitance, le combat pour la cause animale est souvent le plus oublié. Nombre d’êtres humains souffrent encore et de nombreuses personnes pensent que la cause animale ne sera d’actualité que lorsque nous aurons au préalable résolu la question de l’exploitation humaine. En réalité, il est erroné de penser que les discriminations et la maltraitance envers les animaux sont décorrélées des autres formes de discriminations. En effet, plusieurs études montrent que les individus affirmant le plus une supériorité de l’être humain sur les animaux sont également ceux qui croient le plus à d’autres formes de hiérarchies supposées naturelles (les hommes sur les femmes, les personnes blanc·hes sur les personnes racisé·es…)1.

De plus, depuis ces dernières années, la reconnaissance de la capacité chez les animaux à ressentir des émotions et à éprouver des sentiments est un réel sujet d’actualité. Nous pouvons notamment citer la Déclaration de New York sur la Sentience Animale2 rédigée en avril 2024, ainsi que les nombreux articles et réflexions qui en découlent.

Cela nous enjoint à inclure la cause animale dans nos combats, dans une perspective intersectionnelle3.

L’exploitation animale se définit comme le fait de se servir d’un animal dans le but de tirer profit de ce dernier et/ou de son activité en générant des souffrances et/ou de façon excessive.

La maltraitance animale désigne quant à elle la production de souffrances et/ou la réduction de la qualité de vie produite·s par un être humain sur un animal. Cela peut entraîner des séquelles physiques et/ou psychologiques, ou la mort de l’animal.

Dans un contexte d’urgence climatique plus que critique, le combat pour l’écologie ne peut pas avoir lieu sans la défense des droits des animaux. Les deux causes ne s’opposent pas, au contraire, elles sont complémentaires. Par exemple, l’alimentation incluant des animaux et leurs produits pèse beaucoup sur l’écologie (gaz à effet de serre,4 usage et pollution de l’eau, déforestation…) et il est prouvé qu’un régime végétarien et/ou végétalien favorise la transition vers un monde respectueux de la nature et des êtres vivant·es5.

Le respect du vivant est également une perspective différente en ce sens qu’elle rapproche toutes les espèces autres que l’espèce humaine, comme si un cochon devait être autant considéré qu’une tulipe. Les Jeunes Écologistes n’ont rien contre les tulipes, mais si de nombreuses choses les distinguent des cochons, l’une doit particulièrement être retenue : la sentience. La sentience se définit comme la capacité d’expérimenter subjectivement le monde. Plus précisément, un être sentient peut ressentir la douleur, le plaisir, la peur et des émotions. Ces êtres doivent être protégés au titre que rien ne peut justifier la souffrance que nous leur infligeons. Nous avons conscience que certaines communautés humaines sont dépendantes de la consommation d’animaux et de leurs produits. Néanmoins, ceci est le cas d’une extrême minorité, et nous disposons des moyens nécessaires pour nous en passer dans une large majorité de cas. De plus, il apparaît évident que les divertissements incluant des animaux, tels que le cirque ou encore la surchasse, ne sont également ni nécessaires, ni tolérables.

Dès lors, cette motion vise à fixer les exigences des Jeunes Écologistes en matière de protection animale. L’antispécisme est un idéal, il est donc par définition difficile à atteindre, néanmoins nous pensons que les Jeunes Écologistes doivent tendre vers lui en établissant des bases en termes de non-exploitation et de non-maltraitance animale. 

DISPOSITIF

Les Jeunes Écologistes : 

  • Reconnaissent la capacité des animaux à ressentir les émotions, telles que la peur et la douleur
  • Considèrent les pratiques suivantes comme relevant de la maltraitance animale : surpêche, surchasse, braconnage, utilisation d’animaux dans les cirques, élevage intensif, fermes à sang,  élevage d’animaux domestiques à des fins lucratives, zoos (hors parcs animaliers de protection d’espèces en voie de disparition, et sans visées de les réintroduire dans la nature et à des fins de loisir), attractions touristiques utilisant des animaux, taxidermie, tests de produits sur les animaux, animaux transportés dans de mauvaises conditions, animaux battus, produits contenant de la fourrure et du cuir animal, abandon d’animaux
  • Considèrent les pratiques suivantes comme relevant de l’exploitation animale : utilisation d’animaux dans les cirques, élevage intensif, fermes à sang, attractions touristiques utilisant des animaux, zoos (hors parcs animaliers de protection d’espèces en voie de disparition et sans visées de les réintroduire dans la nature et à des fins de loisir), tests de produits sur les animaux, produits contenant de la fourrure et du cuir animal
  • Appellent à ne pas soutenir les pratiques précédemment citées dans lesdits dispositifs
  • Appellent à une prise en considération plus rapide et importante des signalements d’abandon d’animaux et de maltraitance animale, dans les foyers comme dans les entreprises (abattoirs, fermes…)
  • Revendiquent le droit à vivre décemment pour les animaux, à disposer d’une nourriture et de conditions de vie saines
  • Reconnaissent le devoir de fournir pour les refuges tels que la SPA l’aide financière et matérielle nécessaire à des conditions de recueil digne pour les animaux
  • Appellent à plus de transparence dans la composition des produits de consommation
  • Appellent à la mise en place d’un système permettant aux consommateur·ices d’évaluer la souffrance animale dans les produits de consommation
  • Appellent à une mise à disposition d’une option vegan et de qualité dans tous les restaurants et dans toutes les cantines scolaires
  • S’engagent à proposer une option vegan lors des événements organisés par les Jeunes Écologistes
  1. Will Kymlicka, “Afterword : Realigning Multiculturalism and Animal Rights”, in Luís Cordeiro-Rodrigues, Les Mitchell (ed.), Animals, Race, and Multiculturalism, The Palgrave, 2017. ↩︎
  2.  The New York Declaration on Animal Consciousness ↩︎
  3. A ce titre, des travaux académiques portent sur le “femellisme”, montrant que les animales non-humaines subissent davantage de maltraitances que les animaux non-humains. En outre, les insultes se référant à une prétendue animalité touchent davantage les femmes et les personnes racisées. ↩︎
  4. Les gaz à effet de serre relatifs à l’élevage sont de 14%, soit l’équivalent de l’émission de tous les transports réunis, avion compris. ↩︎
  5. Le régime végétarien pour sauver la planète – Greenpeace France ↩︎