C’était il y a deux ans. Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse, jeune militant écologiste et pacifiste de 21 ans, s’écroulait, mort, victime d’un tir de grenade offensive lancée par la gendarmerie nationale lors d’une manifestation contre la construction du barrage de Sivens dans le Tarn.

Réunissant plus de 2 000 personnes opposées au projet, cette manifestation à l’origine festive s’était transformée en une escalade de tensions et de violence. Preuve de l’incapacité de l’État de tenir compte des revendications écologistes citoyennes, le ministère de l’intérieur n’avait su répondre qu’à travers la mobilisation des forces armées. « À ce jour, les personnes responsables de sa mort n’ont toujours pas été jugées », regrette Oriane Pigache, co-secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes. « Il n’est pas difficile pour nous, jeunes militant.e.s engagé.e.s et qui luttons contre les Grands Projets Inutiles et Imposés, de nous mettre à sa place. Nous aussi aurions pu nous retrouver face à ces gendarmes, et subir le même sort que Rémi Fraisse. » condamne-t-elle. Aujourd’hui l’enquête est loin être terminée : la reconstitution a été bloquée, la présence d’une équipe fantôme agissant hors du cadre de la loi et de laquelle serait partie la grenade meurtrière, des témoignages selon lesquels Rémi Fraisse aurait eut les mains en l’air au moment de mourir, et surtout le fait qu’aucun membre de la chaîne de commandement n’ait été mis en cause alors que M. Cazeneuve avait émis des consignes “d’extrême fermeté”, etc. Nous demandons à ce qu’elle ne soit pas refermée et que toute la lumière soit faite sur cette mort tragique.

Alors que les luttes écologistes s’intensifient, du centre d’enfouissement des déchets radioactifs de Bure au Grand Contournement autoroutier Ouest de Strasbourg en passant par Notre-Dame-des-Landes, nombreuses et nombreux sont les militant.e.s qui subissent les violences policières comme seule réponse face aux contestations écologistes. « Au contraire, pour lutter contre les projets inutiles et imposés, nos territoires ont besoin d’une réelle démocratie participative sur les enjeux écologistes. Une réelle démocratie, c’est demander l’avis à l’ensemble des habitant.e.s concerné.e.s par un projet et ne pas faire une consultation de façade comme ça a pu être le cas à Notre-Dame-Des-Landes » souligne Benjamin Kaufmann, co-secrétaire fédéral des Jeunes Ecologistes.

Alors que trois jeunes femmes ont été blessées ce dimanche 23 octobre au rassemblement en hommage à Rémi Fraisse à Sivens, les Jeunes Écologistes appellent à la fin des violences lors des rassemblements et manifestations écologistes. Les Jeunes Écologistes dénoncent la stratégie mortifère du ministère de l’Intérieur et les abus des forces de police et revendiquent :
– l’interdiction de l’utilisation du flashball et de toutes les armes susceptibles de blesser ou de tuer lors des mobilisations citoyennes, y compris les gaz lacrymogènes et asphyxiants en espaces couverts ou en forte quantité.
– la poursuite des investigations sur la mort de Rémi Fraisse, la réalisation d’une reconstitution des événements en présence du juge et de témoins, ainsi que la mise au clair de la présence d’une “unité fantôme” non déclarée ce soir là,
– le respect du droit à manifester et la limitation du rôle des forces de l’ordre à l’encadrement des manifestations / mobilisations
– la fin de l’impunité des abus policiers
– la fin de l’état d’urgence

Aujourd’hui plus que jamais, nous appelons tou.te.s les militant.e.s à poursuivre la mobilisation contre ces projets écocides.

CONTACTS PRESSE :

  • Oriane Pigache, co-secrétaire fédérale – 06 05 37 97 56
  • Benjamin Kaufmann, co-secrétaire fédéral – 06 82 45 78 42
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