Assa Traoré, militante anti-raciste qui s’est longuement battu pour faire la lumière sur les violences policières que son frère a subies conduisant à sa mort en 2016, risque d’être mise en examen pour diffamation envers des gendarmes. Cela pour avoir publié sur les réseaux sociaux les noms des trois gendarmes mis en cause dans l’affaire accompagnéde « Les gendarmes t’ont tué mais ils ne tueront pas ton nom Adama » et « Pas de justice pas de paix, mise en examen des gendarmes ». Pour rappel ce sont 47 personnes tuées suite à une intervention policière en France depuis 2007, souvent dans les quartiers populaires. Son combat permet de mettre en lumière les violences d’Etat et le contrôle social exercé par la police est on ne peut plus nécessaire dans une démocratie.


Les Jeunes Écologistes apportent tout leur soutien à Assa Traoré et sa famille et dénoncent cette situation grotesque
qui vise à faire taire les personnes qui se révoltent contre le système oppressif, en retournant contre elles l’arsenal juridique. C’est la même logique qui est à l’oeuvre dans l’affaire Sandra Muller, condamnée pour diffamation alors qu’elle dénonçait le harcèlement dont elle a été victime ou pour Odile Maurin, militante toulousaine d’Handi social et Gilet Jaune, qui s’est retrouvée au tribunal pour violences volontaires avec armes (son fauteuil roulant…) alors qu’elle même a eu 5 fractures au pied des suites d’une interpellation.


Tout cela permet à la police de jouir d’une impunité quasi totale. Les enquêtes et procédures pénales sont assurées en interne, par l’Inspection Générale de la Police Nationale, un fonctionnement qui ne garantit aucunement leur indépendance et leur impartialité. Cette situation mène à la perpétuation d’un cercle vicieux d’impunité et de bavures policières, notamment envers les personnes racisées. Les contrôle au faciès sont légion et la liste est longue des personnes tuées ou blessées lors de contrôles ou de courses-poursuites avec la police au cours de ces dernières décennies. Les Jeunes Ecologistes réclament la fin de ces violences intolérables et la prise en considération de la part de la justice et de l’Etat des familles des victimes comme Assa Traoré. 


Dans un contexte de multiplication des “bavures” policières qui dessinent un scénario de dérive autoritaire menaçant gravement notre démocratie, nous exigeons que soient mis en place des mesures pour garantir un réel contrôle sur les agissements des forces de l’ordre dans les quartiers populaires comme lors des manifestations. Nous demandons que soit ouvert un débat sur la questions des violences policières qui permette de mettre à jour les dysfonctionnements de l’actuelle doctrine du maintien de l’ordre ainsi que les logiques discriminatoires à l’œuvre dans les pratiques quotidiennes des fonctionnaires.

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