EXPOSÉ DES MOTIFS

L’horrible attaque perpétrée le sept octobre dernier par le Hamas a ouvert un nouvel épisode macabre dans l’histoire du conflit entre Israël et Palestine. 

Cela fait désormais huit mois que le droit du peuple palestinien à ne pas subir un génocide est considéré comme mis en danger par la cour internationale de justice, dans une bande de Gaza qui a été progressivement réduite en morceaux et rendue inhabitable pour les millions de vies qui s’y trouvent et qui n’ont aucun moyen de fuir les bombardements ou d’échapper à la famine. 

Huit mois que la valse des mots et des indignations pusillanimes face à ces horreurs n’aboutit à aucune pression efficiente, permettant au gouvernement israélien d’agir avec blanc seing selon un supposé droit à se défendre qui ne respecte pas les civil.e.s injustement retenus par le Hamas.

Huit mois que les mobilisations pacifiques, notamment étudiantes, en faveur de la cause palestinienne sont sapées par des accusations d’antisémitisme et de terrorisme, la lutte contre ces derniers méritant pourtant bien plus de considération que ces postures complices qui les insensibilisent. 

Nous faisons le choix de ne pas mentionner le nombre de victimes ayant péri durant cette période. D’une part, car cette mesure ne peut être qu’imprécise, le recoupage de l’information étant rendu impossible par l’interdiction de la présence de la presse et d’experts internationaux sur place par la puissance occupante israélienne. Mais d’autre part, car nous avons la conviction que notre engagement et nos valeurs nous poussent à nous révolter dès que la première vie est en jeu et que le processus de quantification participe à la déshumanisation des victimes d’un conflit qui n’a que trop duré.

Car cela fait surtout huit mois et soixante-seize ans que le peuple palestinien subit les exactions d’autorités israéliennes qui bafouent le droit humanitaire, mais aussi les fondements moraux et tout bonnement humains. 

Huit mois et soixante-seize ans que l’inaction des organisations internationales et des chancelleries nationales n’ont fait que permettre la politique de colonisation des terres palestiniennes bafouant les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations Unies. 

Face à ce constat, cette motion vise à renforcer la position de notre organisation en faveur de la défense de la liberté et de la paix, au cœur des valeurs de l’écologie politique dont nous portons les couleurs.

Les Jeunes Écologistes se sont prononcés sur ces questions, notamment au travers d’un communiqué en date du jeudi 19 octobre et une publication du 5 avril, mais il nous semblait important que ce type de position soient portées devant le Parlement et que leur place soit plus importante dans nos prises de position publiques.

Cette motion est également portée face au manque d’engagement de la formation politique Les Écologistes sur ce sujet, notamment à l’occasion de la campagne pour les élections européennes.

Il relève aujourd’hui du devoir de mettre tout en œuvre pour arrêter les massacres dont nous sommes rendu·e·s témoins chaque jour. 

Pour cela : 

  • L’article 1 propose de réitérer notre volonté d’un cessez-le-feu immédiat. Les images des opérations de la dernière opération à Rafah à l’heure de l’écriture de cette motion ne peuvent que nous contraindre à appeler à l’arrêt des bombardements et autres opérations ciblant les civil ·e ·s, dont la protection et la libération est d’une urgence absolue.
  • L’article 2 propose de lancer un appel à un embargo total sur les armes françaises et européennes livrées à Israël, et dont différents médias ont d’ores et déjà alerté sur leur implication dans les exactions commises à Gaza.
  • L’article 3 propose un appel à la fin du blocus imposé à Gaza depuis 2007 et à la reconnaissance d’un État palestinien souverain. Il convient avant tout de ne pas déposséder le peuple palestinien de son droit dans le choix de sa meilleure gouvernance et à son autodétermination (régime politique, modes de représentation, solution à deux États ou État binational). Mais nous pensons qu’il faut lui apporter toutes les conditions nécessaires à la création d’un espace permettant la mise en place de cet espace de réflexion. Cette proposition entend s’inscrire dans le sillon du vote de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies en faveur de l’admission de l’État de Palestine en tant que Membre de plein droit de l’ONU, et de la reconnaissance de ce même État par trois pays européens : l’Espagne, l’Irlande et la Norvège. 
  • L’article 4 propose enfin de ne pas financer le massacre de civil ·e ·s en se refusant à l’acquisition de biens, matériels ou non, issus de de marques finançant la guerre exercée dans les territoires palestiniens. Cette proposition découle d’un principe simple : celui de ne pas permettre le financement de la guerre avec les fonds de notre organisation. Le choix des produits à ne pas choisir proposé est celui des associations et lanceur·ce·s d’alerte telles que Boycott, Désinvestissement & Sanctions, Urgence Palestine ou l’Association France Palestine Solidarité. 

DISPOSITIF

Article 1er : Les Jeunes écologistes appellent à un cessez-le-feu immédiat dans en Israël et en Palestine, à la protection et à la libération de tous ·tes les civil·e·s.

Article 2 : Les Jeunes Écologistes appellent à un embargo des armes délivrées par la France et/ou tout membre de l’Union européenne à Israël. 

Article 3 : Les Jeunes Écologistes soutiennent la fin du blocus imposé à Gaza et la reconnaissance d’un État palestinien souverain afin d’envoyer un message clair en faveur d’une issue diplomatique, tout en reconnaissant le droit du peuple palestinien au libre choix de sa gouvernance. 

Article 4 : Les Jeunes Écologistes s’engagent à ne pas financer la guerre faite à Gaza et aux territoires palestiniens en refusant l’acquisition de biens, matériels ou non, issus d’entreprises dont la participation dans le financement et la conduite des opérations militaires a été dénoncée par différentes associations et/ou lanceur·ce·s d’alerte.