Depuis 2017, une avalanche de réformes de l’Université ne cesse de soumettre ces institutions, et leur mission de service public, à un fonctionnement qui ne correspond plus aux valeurs d’Établissements Supérieur et de la Recherche. Flexibilité, concurrence, et compétitivité, une approche mortifère pour la recherche fondamentale et expérimentale et l’espace de libertés et de sciences que sont les Universités!

Une loi qui menace la liberté de manifester
Aujourd’hui, le gouvernement tente de faire passer une loi rejetée à la quasi unanimité par le milieu scientifique et universitaire. Elle signifierait la mise au pas néolibéral et managérial de l’Université, mais aussi la mise en place d’un “délit d’entrave” (« pénétrer ou se maintenir dans lenceinte dun établissement denseignement supérieur […] dans le but d’entraver un débat ») passible d’1 an de prison et 7500€ d’amende, et de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende si réalisé en groupe. Si cette loi passait, des étudiant⋅es et des enseignant⋅e⋅s-chercheur⋅e⋅s pourraient aller en prison pour s’être rassemblé⋅e⋅s pour protester. C’est une grave atteinte à nos droits.

Une loi qui menace les libertés académiques et l’indépendance de la recherche
Le travail scientifique est un travail de fond, d’argumentation, et non un travail d’opinion. La soumettre par la loi aux “valeurs de la République” serait ouvrir la porte à un contrôle de la recherche. Une mesure d’autant plus discutable qu’elle s’inscrit dans un contexte de défiance du gouvernement qui qualifie l’Université de lieu où existerait un discours “islamo-gauchiste” – anathème nauséabond alors qu’il est urgent de construire un discours national d’une France riche de ses différences. Mesure évitée de justesse, cette loi aurait assumé de briser la confiance et d’entraver la création de connaissances et critiques qui pourtant sont essentielles pour la société. Nous resterons vigilant·e·s à ce que cette tentative de contrôle ne se réitère pas.

Une loi qui précarise les chercheur⋅ses et accentue les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur
La logique de “financer sur projet” est contraire à l’idée même de recherche tant elle la fait entrer dans une logique de compétition. En plus de cela, les chercheur⋅ses seront précarisés par la création d’un CDI de mission – soit un autre nom pour dire “CDD”. Devons nous rappeler qu’il manque d’ores et déjà un nombre élevé de personnel dans nos universités ? Les salles pourraient être plus chargées et les frais scolaires augmentés, autant d’ingrédients creusant les inégalités sociales.La mission de l’Université est de permettre à tout le monde d’acquérir du savoir, d’avoir des éléments utiles pour la réflexion critique, d’avoir accès à des pistes de réflexion et des voies d’émancipations personnelles. Ce n’est pas que former des individus ayant des compétences pour leur intégration sur le marché du travail, mais bien des citoyen⋅nes érudit·e·s, critiques et émancipé·e·s.

Les Jeunes Écologistes soutiennent les grèves en cours, réclament l’abandon immédiat de cette loi et appellent le gouvernement à la repenser, cette fois en co-construction avec l’ensemble des acteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

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