Mercredi 11 mars 2015

Tribune. Le cri des Jeunes Ecologistes Aix-Marseille Métropole :

« Le nucléaire n’est pas le rêve de notre génération ! »

Les Jeunes Écologistes Aix-Marseille Métropole expliquent la nécessité de relocaliser la production énergétique en Provence et appellent à participer à la chaîne humaine anti-nucléaire du 14 mars de Cadarache au Tricastin.

Boum! Il y a quatre ans, la centrale nucléaire de Fukushima au Japon explose avec toute la fureur dévastatrice du génie humain. En France, il y a deux semaines, la centrale nucléaire de Fessenheim est provisoirement mise à l’arrêt après un énième incident. Sans danger, selon EDF. Toujours sans danger? 2013, fuite de Tritium au Tricastin, repérée 5 mois plus tard. Même scénario à Cadarache. Ce ne sont que deux exemples parmi les 280 incidents français relevés par  le Réseau Sortir du Nucléaire[i]. Mais ça, c’est parce que les centrales vieillissent, se rident, leur peau se craquèle. Et pour cause, nous avons dépassé leur durée initiale de fonctionnement, prévue pour 30 ans. Pas plus. Il est temps de leur accorder une bonne retraite !

Oui, le nucléaire est dangereux. Faille de sécurité interne ou attaque terroriste par drone,  les risques ne sont pas négligeables. Que ferons-nous en cas d’explosion de la centrale du Tricastin ou de Cadarache ? Comme à Fukushima au Japon, nous le paierons d’abord par des vies. Comme à Fukushima, nous le paierons ensuite par un avenir radioactif : des sols pollués, impropres à l’agriculture, des eaux souillées, impropres à la pêche. Comme à Fukushima, nous le paierons finalement en centaines de milliards d’euros d’intervention sur le site et d’impact sur l’économie régionale et nationale. Voulons-nous être la génération qui connaîtra un avenir irradieux (heu… irradié !) ?

Inlassables, les lobbys racontent que notre indépendance énergétique est assurée par le nucléaire. Couac. Nous dépendons à 100% de pays dictatoriaux en Afrique, le Niger, le Gabon, où les conditions de travail dans les mines d’extraction de plutonium sont largement dénoncées. Nucléaire, filière d’avenir ? L’entreprise CIGEO à Bure (Meuse), prévoit de stocker ad vitam aeternam les déchets radioactifs français en sous-sols. Alors oui, notre poubelle nucléaire a de l’avenir. Aujourd’hui à Bure, demain dans les champs en Provence ? Sans parler des prix des nouveaux réacteurs! A Flamanville, la construction du réacteur connait un retard de plusieurs années et a déjà coûté 8,5 millions d’euros, malgré un montant initial annoncé à seulement 3,3 millions d’euros. Allons ! Faisons preuve d’un peu d’estime pour nos vies humaines, pour notre environnement et pour notre avenir commun, exigeons une politique énergétique nouvelle génération.

Rêvons un autre avenir. La transition énergétique, la fermeture de Fessenheim, celles de Cadarache et du Tricastin demain. Mais ne limitons pas notre analyse ici. L’ONPE rapporte que 11,5 millions d’individus subissent une situation de précarité énergétique, c’est-à-dire qu’ils éprouvent des difficultés particulières à payer leur factures en énergies (eau, électricité, gaz, etc.) en raison de revenus insuffisants et de logements dîtes “passoires thermiques”[ii]. Les logements insuffisamment chauffés aggravent l’état de santé des familles et des enfants, indique la Fondation Abbé Pierre[iii]. A Marseille, par exemple, 14% à plus de 20% des logements du centre-ville offriraient des conditions de vie indignes à leurs habitants explique un rapport MPM[iv].  Le cri de notre génération politique ? Un avenir meilleur est possible !

La transition énergétique et la fermeture des centrales nucléaires répondent à ces problèmes. La transition énergétique, c’est avant tout une réduction massive de notre consommation en énergies, aussi en rénovant les logements. Ce n’est pas un retour à la bougie, mais bien le développement de technologies propres et peu consommatrices. La transition passe également par de petites solutions concrètes : extinction d’un lampadaire sur deux au milieu de la nuit, interdiction de l’éclairage des vitrines des magasins et des panneaux publicitaires après 22h, etc. Chacun d’entre nous y trouve son compte : baisse de la facture d’énergie à la fin du mois, fin de la précarité énergétique, diminution du coût de production dans les entreprises, allègement des budgets municipaux, … .

La transition énergétique, c’est aussi le développement, -financé par l’investissement public et privé- de l’éolien terrestre et marin au large des côtes méditerranéennes, de l’énergie photovoltaïque sous le soleil rayonnant  de la Provence, de digues pour exploiter la force des vagues et la fraicheur de la mer, de procédés de méthanisation pour transformer nos déchets en chaleur, en électricité et en biogaz, de l’utilisation de l’hydraulique pour répondre aux variations des besoins en électricité, de la géothermie source inépuisable de chaleur, de l’eau chaude chauffée dans des tuyaux sur les toits, etc. Tout ça représente un changement concret, et ça marche. On parle même de centaines de milliers d’emplois non-délocalisables à créer dans ce secteur! Et combien d’innovations technologiques viendraient alors améliorer le bilan de la transition ?

Parce que le nucléaire n’est pas le rêve de notre génération et que nous croyons à d’autres solutions, nous participerons à la chaîne humaine contre le nucléaire, samedi 14 mars dès 14h00, qui reliera le site de Cadarache à celui du Tricastin et nous espérons que vous aussi.

Les Jeunes Ecologistes Aix-Marseille Métropole

Pour nous contacter et suivre notre actualité:

Facebook: Jeunes Ecologistes Aix Marseille

Twitter: @JEAixMarseille

 

[i] Réseau Sortir du Nucléaire : http://www.sortirdunucleaire.org/

[ii] ONPE, Observatoire Nationale de la Précarité Energétique, Premier rapport annuel de l’ONPE, septembre 2014, p.39 : http://onpe.org/sites/default/files/pdf/documents/rapports_onpe/rapport_detaille_onpe.pdf

[iii] Fondation Abbé Pierre, Liens entre précarité énergétique et santé : analyse conjointe des enquêtes réalisées dans l’Hérault et le Douaisis, novembre 2013 : http://www.fondation-abbe-pierre.fr/nos-actions/comprendre-et-interpeller/precarite-energetique-et-sante-un-colloque-et-une-etude-nationale

[iv] MPM, Marseille Provence Métropole, Projet de PLH MPM 2012-2018, janvier 2012 : http://www.agam.org/fileadmin/ressources/agam.org/etudes/HABITAT/PLH_MPM/pdf/2013_11_PLH-Donnees_de_cadrage.pdf

Share This