Jeudi soir, un homme isolé et déséquilibré, au volant d’un camion a tué 84 personnes à Nice et fait de nombreux-ses autres blessé-e-s. Acte isolé et imprévisible, ce drame fait, une fois de trop, mal.

Les réponses à ce drame ne sont cependant pas à la hauteur. Des plus fantaisistes comme “équiper les militaires de lance-roquettes dans l’espace public” (Henri Guaino) au plus ahurissante comme “Que ceux qui présentent un risque de radicalisation portent un bracelet électronique ou soient placés en centre de rétention” (Nicolas Sarkozy), la réponse du gouvernement de François Hollande sera la prolongation de l’état d’urgence. “Un état d’urgence permanent n’a pas de sens, c’est un oxymore qui n’a pour seul intérêt que la démagogie. Afin de rassurer, François Hollande prolonge l’état d’urgence pour mieux masquer les tas d’urgences qui mènent à cette situation.” soupire Cécile Germain, co-secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes. “L’état d’urgence sera prolongé, mais peut-être faudrait-il le remettre en question ? En épuisant les forces de l’ordre, est-ce que ce dernier a permis d’éviter ce nouveau drame ? Nous connaissons pourtant à présent l’innéficacité de ce dispositif.” poursuit désabusé Michaël Jeanjean, porte-parole des Jeunes Ecologistes.

La sécurité, se définit étymologiquement comme la tranquillité d’esprit, un sentiment de bien-être et de confort. Elle est désormais assimilée à la peur. On nous fait croire que le choix entre sécurité et liberté(s) est simple – mais nous n’avons pas à choisir tant les deux sont liées ! On ne se bat pas contre la violence en en faisant usage, tout comme on ne défend pas la liberté en la suspendant. L’état d’urgence n’est que le triste témoignage du manque de vue a long terme et de l’impuissance de nos dirigeants face au terrorisme. Une nouvelle fois, un discours ferme, juste et mettant en place l’organisation de la convivialité aurait dû voir le jour cette nuit où seules la suractivité médiatique et les manœuvres électoralistes ont eu droit de cité.

Dans ces heures sombres, il importe d’autant plus que les citoyen-ne-s exercent leurs libertés politiques et usent de leur capacité à agir face aux obscurantismes par la défense du bien commun et de nos libertés, là où l’état d’urgence ne fait que les brider. L’enjeu pour tou-te-s est bien de réfléchir à des solutions sur le long terme pour apporter des réponses efficaces aux causes de cette violence. Stopper les ventes d’armes, se libérer du pétrole, cesser d’alimenter le cercle vicieux qui nous ronge sont des premières pistes à débattre ensemble. Il s’agira ensuite de mettre en place ces solutions sans plus tarder.

La lutte contre les terroristes est une course d’endurance, pas un sprint qui effraie les citoyen-ne-s, attise une islamophobie grandissante, épuise les forces de l’ordre et affaiblit les services de renseignement. L’état d’urgence est dangereux pour nos libertés mais aussi pour notre sécurité.

Les Jeunes Écologistes :

– soutiennent les familles des victimes de cette attaque et toutes les personnes endeuillés.

– demandent la levée de l’état d’urgence en appelant les parlementaires à rejeter sa prolongation.

– continueront à vivre pour ne pas que l’obscurantisme gagne sur la liberté.

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