Motion thématique adoptée lors du Parlement des Jeunes Écologistes du 25 janvier 2026

Exposé des motifs

Cette motion porte sur la santé mentale dans les établissements scolaires. Son objectif principal est de promouvoir un climat scolaire favorable au bien-être, à la fois pour les élèves et pour les enseignant’es.

La santé mentale est définie par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme « un état de complet bien-être physique, mental et social et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »

La santé mentale comporte trois dimensions : 

  • la santé mentale positive (bien-être, épanouissement personnel, ressources psychologiques…) ;
  • la détresse psychologique provoquée par des situations éprouvantes du quotidien (deuil, échec…) ;
  • les troubles psychiques plus ou moins sévères et handicapants nécessitant une prise en charge médicale et des actions thérapeutiques ciblées.

État des lieux : 

On observe aujourd’hui une dégradation préoccupante de la santé mentale dans les milieux scolaires, touchant à la fois les élèves et les professionnel’les de l’éducation nationale.

Selon l’enquête EnCLASS 2022 menée par Santé Publique France :

  • 1 lycéen sur 2 ne présente pas un bon niveau de santé mentale
  • 15% des lycéens et 14% des collégiens présentent un risque important de dépression
  • 24% des lycéens déclarent avoir déjà eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois 
  • Près d’un quart des élèves du collège au lycée déclarent avoir éprouvé un sentiment de solitude au cours des 12 derniers mois

Le sixième rapport de l’Observatoire National du suicide (2025), met en avant  un mal-être croissant chez les jeunes femmes. En effet, la santé mentale est profondément marquée par les inégalités de genre : dans une société encore structurée par le patriarcat, les jeunes femmes subissent davantage de pressions sociales et scolaires notamment face aux injonctions de réussite et aux angoisses liées à l’avenir.

La sensibilisation et prévention à la santé mentale doit être mise en place dès le plus jeune âge. Selon une étude nationale sur le bien-être des enfants (Enabee 2022), 13% des élèves de primaire ont une difficulté probable de santé mentale (troubles émotionnels, oppositionnels ou TDAH).

La santé mentale du corps enseignant est aussi un enjeu majeur. Une étude portant sur la santé mentale au travail des enseignant’es français’es du premier degré révèle qu’environ la moitié d’entre eux éprouvent un épuisement professionnel et une surcharge de travail.

Les conditions de travail des enseignant’es sont perçues comme de plus en plus difficiles, affectant leur bien-être. (note du Haut commissariat au plan, 2025)

  • Plus d’un’e enseignant’e sur deux ne se sent pas en mesure de conserver son travail jusqu’à la retraite. ​
  • 40 % des enseignant’es déclarent travailler sous pression, avec une intensité émotionnelle élevée.
  • La charge de travail et la complexification des tâches sont des sources de stress majeures.

Ces difficultés se traduisent notamment par une augmentation massive des démissions des professeurs de l’Éducation Nationale, qui ont été multipliées par quatre entre 2013 et 2023.

Un rapport d’information sur la médecine scolaire et la santé à l’école (2023 – Assemblée Nationale) reconnaît un “pilotage défaillant de la politique de santé scolaire” (II-C). Ce rapport met en avant des difficultés concernant le nouveau statut de PsyEn (Psychologue de l’éducation nationale), un métier qui réunit 2 professions déjà existantes. Leurs missions sont trop variées pour réellement prendre efficacement en charge le mal-être des élèves. (rapporté par un député Renaissance).

Les Jeunes Écologistes observent : 

  • des pressions accrues liées à la plateforme Parcoursup et à un manque d’accompagnement dans la recherche d’orientation. Ce système de compétitivité a un effet néfaste sur la santé mentale des jeunes.
  • un rythme scolaire inadapté marqué par une concentration excessive des heures de cours et des horaires peu compatibles avec les besoins de sommeil, notamment des adolescent’e’s.
  • Une augmentation des situations de phobie scolaire, un mal-être encore “tabou” et insuffisamment pris en charge qui a des conséquences importantes : décrochage scolaire, troubles psychologiques durables…
  • le développement de nouvelles angoisses : l’écoanxiété, un sentiment qui touche particulièrement les jeunes.
  • un mal-être croissant du corps enseignant, souvent dévalorisé et insuffisamment soutenu par sa hiérarchie.

Le monde éducatif est en souffrance.

Dispositif

Les Jeunes Écologistes défendent une vision de l’école fondée sur l’épanouissement personnel, la coopération et le bien-être, et non sur la compétition, la sélection et la mise sous pression permanente. 

Les Jeunes Écologistes proposent donc :

  1. Le développement des compétences psychosociales

Les compétences psychosociales sont définies par Santé Publique France comme “un ensemble de compétences psychologiques (cognitives, émotionnelles et sociales) qui permettent de maintenir un état de bien-être psychique”. Leur renforcement, par un apprentissage de l’empathie, de la régulation des émotions, des capacités de communication et d’adaptation est donc un enjeu majeur pour améliorer durablement la santé mentale des jeunes.

Le développement des ces compétences passe par la généralisation des “cours d’empathie”. 

  1. Une adaptation des temps scolaires et extrascolaires au bon développement cognitif de l’enfant

La convention citoyenne sur les temps de l’enfant (2025) propose plusieurs mesures que les Jeunes Écologistes soutiennent, notamment :

un début généralisé des cours à 9h pour favoriser le sommeil et améliorer l’apprentissage et la santé mentale des élèves. Cette mesure fait aussi partie des recommandations du Conseil Scientifique de l’Education Nationale. 

une fin des cours à 15h30 (16h30 au lycée) pour favoriser les activités extrascolaires : développement de la créativité, pratiques sportives… Ce qui permettrait d’aider les élèves à réduire le stress. Ces activités devront cependant être réglementées, mises en place à l’école, pour ne pas engendrer un creusement des inégalités sociales.

  1. Des mesures de prévention

Une sensibilisation systématique aux différents numéros d’urgence : le 3018 (harcèlement et cyber harcèlement), le 119 (enfance en danger) et le 3114 (prévention suicide).

  1. La formation et le renforcement des moyens de l’Education Nationale

Pour garantir une meilleure prise en charge des élèves, il est indispensable d’augmenter significativement les effectifs de psychologues de l’Education Nationale. Les missions doivent être clarifiées, une distinction doit être faite entre les missions de psychologue et de conseiller’e d’orientation. Les psychologues doivent pouvoir réaliser des diagnostics en santé mentale afin de repérer des situations de détresse psychologique et pouvoir mettre en place des mesures adaptées le plus rapidement possible.

Le parcours de formation des enseignant’es devrait valoriser les pédagogies fondées sur la bienveillance et sur des dynamiques de coopération au détriment des logiques de compétitivité. Les professionnel’les de l’éducation doivent également être formé’es pour repérer les victimes de violences intrafamiliales, de harcèlement scolaire ou des élèves atteints de souffrances psychiques.

  1. La lutte contre la pression scolaire et la compétition

Les Jeunes Écologistes remettent en cause les logiques de mise en concurrence notamment via la plateforme Parcoursup, qui favorise l’accès à l’enseignement supérieur par un système de classement et de sélection.

Pour réduire la pression scolaire et les inégalités entre élèves, nous proposons de limiter la charge de travail, les devoirs en dehors de l’école.

En effet, la pression scolaire, souvent liée à la charge de travail hors temps scolaire et à des logiques de concurrence institutionnalisées, contribue à des situations de stress, d’anxiété et d’inégalités entre élèves.

Sources : 

*définition de la santé mentale par l’OMS : https://www.who.int/fr/health-topics/mental-health#tab=tab_1

*Enquête Enclass 2022 (santé mentale collège et lycée) : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/sante-mentale/depression-et-anxiete/documents/enquetes-etudes/la-sante-mentale-et-le-bien-etre-des-collegiens-et-lyceens-en-france-hexagonale-resultats-de-l-enquete-enclass-2022

*Rapport de l’Observatoire National du Suicide 2025 (mal-être croissant des jeunes femmes) : https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-04/ONS%202025-6e-RAPPORT%20BAT%20WEB%20V2.pdf

*Enabee 2022, sous la responsabilité de Santé Publique France : https://enabee.fr/

*Enquête sur la santé mentale au travail des enseignant-e-s français-e-s du premier degré par des chercheurs de l’Université Aix-Marseille et Paris 8 : https://share.google/lV6srzfsnyQtXJE9D

*Note du Haut Commissariat au Plan, “Enseigner : une vocation à reconstruire, un équilibre à restaurer” : https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-18%20-%20NA%20154%20-%20Niveau%20scolaire/HSCP-2025-NA154-17.06_20h30.pdf

*Un rapport d’information sur la médecine scolaire et la santé à l’école (2023 – Assemblée Nationale) : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cion_fin/l16b1228_rapport-information.pdf

*Les compétences psychosociales, Santé Publique France : https://www.santepubliquefrance.fr/competences-psychosociales#:~:text=Les%20compétences%20psychosociales%20sont%20un,à%20soi%20et%20aux%20autres.