S’il est une valeur fondatrice du mouvement des Jeunes Ecologistes, c’est bien le refus des injustices. A cet égard, l’ensemble de notre projet de société répond à ce besoin de faire de l’égalité une réalité.

Dès lors, la question à laquelle cette motion a pour objet d’apporter des éléments de réponse et de donner une position à notre mouvement est celle de l’accès à l’enseignement supérieur.

La massification de l’enseignement qui eu lieu au siècle dernier a eu comme conséquence de décupler le nombre de jeunes poussant les portes de l’enseignement supérieur. D’abord au sein des universités, puis des lycées (BTS) et bien entendu au sein d’écoles, privées ou publiques. Le développement de l’accès à l’enseignement supérieur à laisser apparaître les factures déjà présentes dans notre sociétés : inégalités et accélération de la reproduction d’une génération à l’autre de ces mêmes inégalités.

Un système inégalitaire

Avec le temps, et dans la continuité de ce qui se passe dans le cadre de l’enseignement primaire, un système à deux vitesses s’est mis en place. Ce système répond à deux évolutions :

– la financiarisation de l’ensemble des secteurs y compris des services publics. Ce phénomène n’a pas épargné l’enseignement supérieur et a permis l’apparition de groupes privée en droit de dispenser une formation hors du cadre imposé aux établissements publics,

– la remise en cause de la composition même des élites permise par « l’ascenseur social » qu’est l’éducation. L’élévation au pouvoir politique et économique d’une partie de la société qui ne faisait partie de l’élite passée à engendrer une réaction conservatrice traduite par le besoin d’assurer une continuité dans le renouvèlement des élites. En d’autres termes, le besoin de rester entre soit en ne donnant pas les tous les « codes » qui permettent d’intégrer l’élite d’un pays.

L’émergence des « grandes écoles » est, en plus d’être une spécificité française ou pays qui reste conservateur, le fruit de ces facteurs. Preuve en est, selon l’enquête de l’OVE, réalisée au printemps 2010 auprès de 33.000 étudiants, “les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures sont surreprésentées dans l’enseignement supérieur par rapport à leur proportion dans la population active”. Depuis 2006, la part des étudiants issus des milieux populaires dans l’enseignement supérieur (hors écoles de commerce et d’ingénieurs) a baissé de 35 % à 31 % alors que ceux issus des classes favorisées a progressé de 32 % à 36 %.

Les grandes écoles et les formations permettant d’accéder à l’élite de notre pays perdurent grâce à deux mécanismes de sélection, l’un financier, l’autre relevant des « codes » plus ou moins implicites.

 

Egalité, qualité et mixité

L’unification de l’enseignement supérieur aurait comme conséquence d’inverser les conséquences du  développement des grandes écoles :

–       l’égalité d’accès pour tous

–       une meilleure qualité d’enseignement

–       un barrière face à la ségrégation spatiale et sociale

L’égalité d’accès aux grandes écoles n’est pour l’instant pas garantie. En cause, la présence de deux types de barrières mise en lace à leur entrée :

–       Les concours et les prépas intègrent une évaluation de compétences ou de connaissances non-présentes dans les cursus que 80% d’une génération parcourt. Bien que les élèves accédant aux grandes écoles font preuve de réels efforts, ces derniers ont dans leur majorité hérité :

  • Du cumul des capitaux économiques et culturels ainsi que de l’investissement de leur parents (cf. répartition pourcentage d’élève en grandes écoles dont père est cadre et mère enseignante) durant leurs scolarité
  • D’un parcours dit « sécurisé » : options, filières scientifiques, lycées de grandes villes, prépas réputées pour une entrée en grande école.

Les politiques dites d’”égalité des chances dans l’accès aux formations d’excellence” s’inscrivent dans ce modèle. En effet, leur but n’est pas d’ouvrir l’accès de tous les lycéens aux filières d’élite, mais de diversifier leur composition sociale par le recrutement ou l’accompagnement d’un petit nombre de nouveaux élus auxquels elles proposent de compenser cette inégalité.

–       le coût financier d’une entrée en grandes école qui se trouve à plusieurs niveaux : mobilité sur le territoire, budget alloué au passage des concours, frais de scolarités, etc. Si bien que cetta barrière est franchissable soit part le capital économique des parents ou par l’endettement de ces derniers ou de l’étudiant. Devant intégrer la nécessité de vivre avec nos moyens et ce pour tous les domaines, l’idée du prêt pour commencer une vie adulte, qui plus est souvent comme premier acte de responsabilisation n’est pas souhaitable.

L’unification de notre système supérieur est un moyen de sortir de la concurrence entre établissements pour entrer dans une logique de coopération. La création de passerelle entre écoles et université et la collaboration permet de donner les moyens à la recherche d’accompagner la transition écologique de la société que nous appelons de nos vœux. Enrichir et diversifier les parcours des étudiants contribuera à développer une communauté de citoyens les plus à même de vivre ensemble. Mutualiser les enseignements et les ressources des grandes écoles et des universités donneront plus de lisibilité aux possibilités de formations, permettant la aussi une plus grande égalité entre tous.

Enfin, les problèmes liés aux conséquences de l’enseignement supérieur à deux vitesses puisent leurs sources aux premières années de la vie d’un citoyen. Peut-être même avant la naissance de ce dernier. Les grandes évolutions sociétales de ces dernières décennies telles que l’individualisme ou la peur du déclassement, ont trouvé dans le détricoatge de la carte scolaire le moyen de détériorer de la mixité sociale. Les phénomènes de gentrification et de création de ghettos en France sont lié à la volonté chez une partie de la populations de placer son enfant sur les rails du parcours « sécurisé » décrit précédemment : la qualité des établissements scolaires d’un quartier est un des facteurs de l’accélération de ces phénomène. De nouveau, en tant qu’écologistes, l’accroissement des inégalités entre quartiers au niveau local et régions au niveau national est source de tensions néfaste à l’élaboration d’une société de la convivialité.

 

De l’urgence de faire tomber un tabou

Nous demandons donc l’intégration des grandes écoles au sein des universités pour une unification de l’enseignement supérieur qui réponde au besoin de justice sociale. Par ce texte, nous posons les bases d’une réflexion qui doit nous amener à porter auprès de la société civile des solutions concrètes pour mettre fin à l’un des plus puissants freins à la transition écologiste de la société.

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